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Archos, ZTE et Lenovo sont aussi empêtrés dans l'affaire du backdoor chinois - Tech - Numerama

Dans l'affaire du firmware chinois livrant périodiquement des données personnelles, une société de sécurité informatique affirme que 43 constructeurs de smartphones sont concernés, dont Archos, ZTE et Lenovo.

L’affaire des smartphones Android altérés par un firmware indiscret rebondit. Selon les trouvailles faites par Trustlook, une entreprise de sécurité informatique, le nombre de constructeurs concernés par ce problème est plus vaste que prévu. Son rapport, publié la semaine dernière, liste en effet 43 fabricants, dont Archos, Hisense, Lenovo, MediaTek et ZTE.

Ces entreprises utilisent le système de mise à jour OTA conçu par Adups Technology Co Ltd, une compagnie chinoise basée à Shanghai. Or, il a été découvert en novembre que la solution fournie par Adups se montrait fort curieuse : en analysant les produits du constructeur BLU, Kryptowire, une firme spécialisée dans la sécurité informatique, a remarqué l’envoi régulier de données vers la Chine.

Lenovo Moto G4

Étaient concernés les SMS, l’historique des appels, la liste des contacts, des codes relatifs à l’appareil (IMEI) et à l’abonné (IMSI), les informations de localisation ainsi que l’usage des applications. Le firmware était aussi en mesure d’exécuter des reprogrammations et des installations d’autres applications sans l’accord de l’usager, en contournant le système de permission du système d’exploitation.

« En raison de la gravité de ce problème, les experts de Trustlook ont mené une enquête complémentaire et ont publié leurs conclusions dans un rapport technique. Celui-ci fournit des détails précis sur la façon dont les informations privées sont collectées et sur la façon dont ces données sont transmises », écrit la société, qui estime à 700 millions le nombre de terminaux concernés par Adups.

700 millions de smartphones Android seraient concernés

Trustlook ajoute que ce logiciel espion, outre les éléments cités plus haut, transmet aussi l’adresse Mac, le numéro de version d’Android et des renseignements sur l’opérateur. Ces envois se font au rythme d’une fois toutes les 72 heures. « Les gens aiment à penser que leur tout nouveau smartphone est propre et débarrassé de tout malware, mais ce n’est pas toujours le cas », fait remarquer l’entreprise.

Pour autant, est-ce à dire que les smartphones de ces constructeurs qui sont à destination des clients français sont impactés par cet indiscret firmware ?

archos-5

FrAndroid tempère le risque pour les usagers en Europe, en faisant remarquer que la présence de ce logiciel ne figure par exemple pas sur les téléphones américains (c’est le cas de ZTE par exemple), tandis que des fabricants ont pris la décision de se séparer d’Adups (comme BLU). La méfiance doit toutefois être de mise, au regard des noms figurant dans la liste rédigée par Trustlook.

Si la majorité des constructeurs se focalise exclusivement au marché chinois, on note toutefois la présence de quelques marques qui ont une envergure suffisante pour atteindre le marché européen — c’est le cas de Lenovo, ZTE ou encore Hisense. Plus perturbant, il y a aussi des groupes français, à l’image d’Archos mais aussi de Wiko (Tinno est l’entreprise chinoise qui est derrière la marque commerciale française).

Et maintenant ?

Pour PC World, la découverte de l’existence de ce firmware dans les fabricants cités ci-dessus ne signifie pas forcément que tous les smartphones de toutes les marques transmettaient des informations périodiquement à travers Adups. Cela étant, l’affaire devrait conduire d’autres sociétés à suivre le chemin qu’a emprunté BLU, en se détachant des solutions fournies par Adups.

Pour savoir si votre smartphone est affecté, Android Anthority indique que Trustlook a mis à jour son antivirus. Le site met toutefois en garde : l’antivirus est utilisable gratuitement, à condition d’en accepter les conditions d’utilisation… qui incluent, outre des achats intégrés, l’affichage de notifications pas forcément très désirables et la captation de quelques données personnelles qui pourront ensuite être partagées avec des tiers.

Comme le notent nos confrères, c’est plutôt gonflé vu le contexte.

À lire sur Numerama : Des smartphones Android envoient vos données personnelles en Chine

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http://www.numerama.com/tech/218593-archos-zte-et-lenovo-sont-aussi-em .... faire-du-backdoor-chinois.html

Un marché public peut-il exiger du logiciel libre ?

  05/12/11 14:19

Le secteur public a été parmi les plus réceptifs, parfois enthousiaste, dans l'adoption des logiciels libres. Mais le code des marchés publics est complexe et contraignant, et certaines questions manquaient de jurisprudence. Revenons un peu sur l'état des lieux.

J'aimerais revenir sur une actualité récente, qui n'a pas eu l'écho qu'elle méritait.

Il s'agit d'une décision du Conseil d'Etat, qui valide un marché public de la région Picardie, annulé précédemment à la demande d'un concurrent malheureux, au motif que le marché exigeait un logiciel particulier, qui était un logiciel libre.
On sait que le code des marchés publics interdit d'exiger dans une consultation, un produit particulier. Du moins, si un produit est cité, il doit être ajoutée la mention « … ou équivalent ». Dans certains cas, cette petite mention est juste le moyen d'être dans la légalité sans la moindre attention pour l'esprit de la loi. Mais on peut espérer que cette obligation amène malgré tout certains donneurs d'ordre à réellement considérer des solutions alternatives, et parmi elles des solutions open source.
Les défenseurs du Logiciel Libre se sont donc battus pour la bonne application de cette réglementation. Voir en particulier l'action conjointe du CNLL et de l'April en direction des responsables de collectivités territoriales. Ainsi, en décembre 2010, grâce à l'action de Jean-Paul Smets (Nexedi), la justice a annulé un marché public de l'Agence de l'Eau Artois Picardie qui exigeait des produits de Business Object (SAP) et Oracle. Une décision qui aidera certainement à faire connaître la loi.
Pour autant, un donneur d'ordre peut avoir mené différentes études en amont de sa consultation, qui l'auront amené à retenir telle ou telle solution, soit-elle open source ou non. Dans ce cas, il sait ce qu'il veut, et on pourrait dire : autant qu'il le fasse savoir. Mais bien sûr, il sera difficile de mesurer la rigueur et l'objectivité des études amont, de sorte qu'il reste préférable que la consultation permette des réponses alternatives, comme le veut le code des marchés publics.
Quoi qu'il en soit, cette exigence est tout à fait neutre, elle ne fait pas mention spécifiquement du logiciel libre, et l'on pourrait penser qu'il est, de la même manière, interdit d'exiger une logiciel spécifique qui soit libre.
Avant d'en venir à l'arrêt récent, rappelons qu'il était déjà tout à fait clair que d'exiger un logiciel sous licence Libre ou open source ne pose aucun problème. Si le donneur d'ordre a identifié, par exemple, qu'il est essentiel pour lui de pouvoir modifier le logiciel librement, de le redistribuer ou bien encore de le déployer sur un nombre indéfini de serveurs sans coût additionnel, ce sont des exigences tout à fait légitimes, qui ont donc pour effet d'orienter le choix de logiciels sur ceux ayant une licence Libre ou open source, ce qui en général laisse un panel assez large. Certes, certains produits du marché se retrouvent non-éligibles, mais somme toutes, si une consultation demande un progiciel de GED, on ne va pas faire en sorte que les progiciels de VPN soient éligibles également. On a souvent cité comme exemple emblématique à cet égard le très gros appel d'offres lancé par la région Ile de France en 2008 pour un logiciel d'Espace Numérique de Travail destiné aux établissements scolaires, avec une exigence impérative très clairement formulée, de licence libre.

Ce premier point était donc déjà clair : un marché public peut exiger des solutions libres.
La question qui pouvait demeurer était : un marché public peut-il exiger une solution Libre spécifiquement nommée ?
C'est l'objet de l'arrêt du Conseil d'Etat de septembre 2011, qui fera jurisprudence. Il porte sur un appel d'offre émis par la région Picardie pour son équipement en ENT, qui justement demandait le logiciel issu de la consultation d'Ile de France. Cet arrêt, déjà commenté par quelques experts tels que Luc Bartmann, ou encore Benjamin Jean, est particulièrement intéressant car il fait une distinction de fond entre l'exigence d'un logiciel libre et l'exigence d'un logiciel propriétaire : l'un et l'autre ne sont pas égaux devant le code des marchés, la symétrie est rompue.
L'arrêt ne dit pas que ce qui est interdit concernant des logiciels propriétaires, à savoir l'exigence d'un produit particulier nommément désigné, sans alternative possible, serait autorisé concernant des logiciels Libres. Il dit précisément : le logiciel étant libre, et par ailleurs gratuit, il est obtenu par la région en amont, sans qu'il soit besoin d'un marché, puis la région lance un marché pour la fourniture de services portant sur ce logiciel dont elle dispose déjà. La distinction n'est donc pas dans la typologie de logiciel ou de sa licence, mais dans la teneur du marché, qui est uniquement un marché de services et non un marché d'acquisition de logiciel. Notons que selon cette logique, l'acquisition d'une version non Libre d'un logiciel par ailleurs connu par l'existence de sa version Libre n'aurait pas justifié la même décision.Le raisonnement du Conseil d’État est imparable, et la jurisprudence particulièrement prometteuse pour les avocats du Logiciel Libre.
Les acheteurs des administrations et collectivités publiques savent désormais que non seulement ils peuvent exiger un logiciel dont la licence est Libre ou Open Source, mais de plus ils peuvent également spécifier précisément le logiciel qu'ils souhaitent déployer, étant entendu qu'il ne s'agit pas de l'acquérir.
Ils peuvent l'exiger, donc, à nous de leur démontrer que ce sera une bonne chose pour leur système d'information et pour leurs finances.

http://www.journaldunet.com/solutions/expert/50532/un-marche-public-pe .... exiger-du-logiciel-libre.shtml

TRISTAN NITOT : "Ils savent tout de nous (même quand on baise)" - La Rédaction - Siné Mensuel

On se défend ! C’est le cri d’alarme de Tristan Nitot qui n’est pas un adversaire des nouvelles technologies. Créateur du navigateur de Mozilla, ex-membre du Conseil national du numérique, proche de la Cnil, il sait de quoi il parle quand il assure que « nos libertés sont menacées par les géants du Web ». Il en va de la démocratie. Il propose des solutions.

D’après vous, même quand on tombe amoureux, notre ordinateur ou notre téléphone nous flique…

On est surveillé tout le temps. C’est d’un degré de finesse tel que Facebook (FB), par exemple, s’est rendu compte qu’ils sont capables de déterminer quand deux utilisateurs tombent amoureux. Ils expliquent, graphiques à l’appui, que quand ils passent à l’action, leurs comportements changent. D’abord ils échangent des messages, puis de plus en plus, de manière fulgurante, et après, ça baisse… Ils se rencontrent, passent à autre chose ! Mark Zuckerberg, le patron de FB, est très fier d’expliquer qu’il sait si deux personnes ont des chances de conclure ou pas, car il sait tout sur elles…

Vous dites que Facebook ne se cache pas d’aller faire voter les gens.

Ils ont demandé à certains utilisateurs de Facebook s’ils allaient voter ou pas. Quand ils répondaient « oui », la réponse apparaissait sur la page Facebook de tous leurs amis. Ainsi, Facebook incitait les utilisateurs à aller voter. L’intention est peut-être louable mais le potentiel de dérapage est incroyable, par exemple en ne poussant qu’un camp à voter.

On sait aussi quand vous êtes en bonne santé ou si vous avez des comportements à risque…

Si vous commandez trop de pizzas, ça peut intéresser votre assureur. Tous les aspects de la vie sont touchés, avec des capteurs de santé, combien de pas vous faites, quelle est votre tension artérielle… Cela peut être positif. J’ai ces capteurs-là, je fais attention à ma santé. Mais il y a un côté sombre. Ils mesurent par exemple la fréquence cardiaque, certains pourraient savoir qu’elle a augmenté à tel moment de la journée. Est-ce que vous vous êtes fait un 5 à 7 avec tel autre utilisateur situé au même endroit et dont la fréquence cardiaque a accéléré au même moment ?

Mais il faut des gens pour déchiffrer ces données !

Il y a plus d’un milliard d’utilisateurs de FB ; idem pour Google et les Smartphones ! Il est impossible de collecter ces données avec des moyens humains. Mais on a des algorithmes, des logiciels capables d’analyser des grandes masses d’informations sous la direction d’un data scientist, un scientifique des données, capable de programmer les ordinateurs pour faire des analyses de masse et mieux cerner les comportements.

Dans quel but ?

Pour l’argent. Le boulot des grandes sociétés comme Google, FB & Co consiste à tout savoir des utilisateurs dans le but de leur afficher des publicités ciblées. Vous êtes un homme, vous allez bientôt avoir 50 ans, vous avez de bons revenus, ça ne vous dirait pas de changer de bagnole ? Et hop, vous recevez une pub pour Mercedes. Plus ils savent de choses sur vous, plus ils sont capables de mettre de la publicité ciblée qui correspond à vos désirs, et plus ils vendent cher cette publicité aux annonceurs. C’est ce qu’on appelle le capitalisme de la surveillance. Nous ne sommes pas les clients de ces sociétés parce qu’un client, c’est celui qui paie.

Je prends souvent l’image de deux cochons qui discutent, il y en a un qui dit à l’autre : « Je suis super content, cette nourriture qu’on a gratuitement, c’est génial », et l’autre lui répond : « En plus, on est logés. » Et quand j’explique ça, je montre une photo de saucisson parce qu’effectivement, le cochon termine en saucisson. Le cochon n’est pas le client du fermier. Cette notion, nous la comprenons très bien dans la vraie vie. En revanche, on se précipite chez Google en étant persuadé que nous sommes client. Mais non ! le client, c’est l’annonceur.

MRIC - Surveillance

Vous racontez l’histoire d’un pédophile qui s’est fait attraper. C’est positif, ça, non ?

On savait déjà que Google lisait nos emails quand on utilise Gmail. Ils connaissent le contenu et le destinataire du message. C’est leur métier de savoir à qui on parle et de quoi on parle. Mais ce qu’on ignorait, c’est qu’ils analysent également les documents en pièces jointes. Un pédophile avait échangé des photos avec un complice en utilisant Gmail. Gmail a ouvert les pièces jointes et l’a dénoncé. Le type est en taule.

On est tous sur surveillance, Google est extrêmement clair là-dessus, ils lisent tous les mails, analysent tous les contacts ; c’est écrit noir sur blanc dans leurs conditions générales d’utilisation. Ces machins qui font 40 pages et auxquelles on dit : « Oui je suis d’accord » sans jamais les lire. C’est rébarbatif, écrit dans du jargon juridique, et ça nous prend la tête.

Même le président de Google, Eric Schmidt, s’est fait piéger. Sa grande phrase, pour justifier cette « transparence » est : « Si vous ne voulez pas voir apparaître quelque chose, peut-être qu’il ne faudrait pas le faire… »

Sa remarque est idiote. Il y a des tas de choses que je fais sans vouloir qu’elles soient publiques. J’ai eu deux enfants avec ma femme. J’étais marié, j’ai tout bien fait, mais je ne vais pas vous dévoiler les détails. J’avais fermé les rideaux ce jour-là et je refuse de les ouvrir. De la même façon, j’ai des loquets à mes toilettes et je m’en sers. Et ce n’est pas parce que j’y consomme de la drogue… Un journaliste a pris Eric Schmidt au mot. Il a cherché tout ce qu’il pouvait trouver sur lui. Pour y arriver, il a utilisé le moteur Google Search. Donc il n’a publié que des choses trouvées… sur Google !

On y découvre qu’Eric Schmidt a de nombreuses maîtresses, entre autres. Il a balancé tout ça dans un article ; depuis, son journal est boycotté par Google. Il y a une vraie hypocrisie de ces gens qui disent : « La vie privée, on s’en fout », sauf de la leur…

Comme Mark Zuckerberg. Il habite Palo Alto, l’un des endroits les plus chers de la Silicon Valley. Il y a acheté une magnifique maison et, pour ne pas être embêté, il a acheté les quatre maisons autour de chez lui, surpayées, pour éviter les indiscrétions à son sujet. Lui aussi dit que la vie privée n’existe plus et il paie des dizaines de millions de dollars pour éviter qu’on divulgue la sienne.

Et d’un point de vue plus politique ?

Des tas de gouvernements disent que ce serait bien de surveiller tout le monde, parfois avec l’approbation des citoyens paniqués par les attentats. Mais les États n’ont pas les moyens financiers pour fliquer deux ou trois milliards d’internautes. En revanche, commencer à mettre sous surveillance un Google, un Facebook, c’est possible. Et ils le font. On l’a vu en juin 2013, avec Edward Snowden, le lanceur d’alerte, parti avec des données top secret. Grâce à lui, on a découvert que la NSA, les services secrets américains, veut espionner tout le monde sur la planète à travers les communications téléphoniques et informatiques.

Vous défendez le chiffrement. Or on sait qu’aujourd’hui, dès qu’on pense chiffrement, on pense terroristes, attentats…

On ne vit pas dans un monde simple. Le chiffrement est indispensable à la stabilité de la démocratie. Il permet d’authentifier, de signer des documents… C’est la clé du système financier. Quand vous êtes payé à la fin du mois, vous êtes content que votre argent ne soit pas dupliqué, que le montant n’en soit pas réduit et qu’il apparaisse bien sur votre compte. C’est possible grâce au chiffrement.

Sans lui, le système bancaire mondial s’écroule et c’est retour à la famille Pierrafeu. Mais les services ne devraient espionner les gens que dans la mesure où il y a un contre-pouvoir pour s’assurer que les barbouzes ne font pas n’importe quoi. Or, avec la loi renseignement de juillet 2015, cette sécurité est très menacée.

Les services peuvent espionner des pans entier de l’Internet français pour, je cite, « détecter des comportements suspects ». Mais qu’est-ce qu’un comportement suspect ? J’ai été convoqué à Matignon pour en parler et j’ai posé la question.

Quand je vais visiter la page Daech sur Wikipédia, est-ce que je suis suspect ? En tant que citoyen, c’est important que je puisse m’informer et ce n’est pas illégal de consulter Wikipédia. Et après, si j’ai envie d’aller à Istanbul parce que je trouve que c’est une ville magnifique, je consulte une agence de voyages en ligne pour réserver un billet… J’ai fait les deux, c’est suspect ou pas ? Alors là, blanc dans la salle.

Prises séparément, ces deux démarches ne sont pas illégales. Mais pour avoir fait les deux, je suis peut-être déjà fiché S.

MRIC - Tristan Nitot

Il y a donc une menace sur la vie de nos démocraties ?

Dès lors qu’on se sait surveillé, on s’autocensure. C’est une manière d’imposer la normalité dans chaque tête. Les Français sont un peu submergés ou sur la défensive face à la complexité et à l’irruption de la technologie dans nos vies, donc ils n’ont pas les moyens de la penser avec un esprit critique.

Est-ce possible d’échapper à cette surveillance ?

Il y a deux grands volets pour agir. Un qui consiste à dire que concentrer nos données dans de grands silos, chez de grands acteurs, nous dessert et rend possible la surveillance de masse. Il faut avoir des petits îlots de données personnels. Il y a un certain nombre de systèmes qui le permettent, avoir son propre serveur, son propre site web…

Le deuxième pan consiste à avoir une bonne hygiène informatique. N’utilisez pas Gmail car c’est une grosse fuite de données : vous êtes alors connecté à Google qui sait tout. Utilisez des systèmes alternatifs. Votre fournisseur d’accès vous donne une adresse email, utilisez-la. Une messagerie comme Thunderbird ou Mail.app d’Apple.

Le choix de son téléphone a-t-il des conséquences ?

Évitez ceux qui fonctionnent avec Android, développé par Google. Ce logiciel coûte extrêmement cher, Google le fournit gratuitement aux constructeurs, dont Samsung, HTC, Sony, etc. Ils le prennent car il n’y a pas trente-six options sur le marché et que ça coûterait trop cher d’en fabriquer un. Mais Google exige par contrat qu’ils prennent Google Search, Gmail, Google Maps… parce que ces applications sont celles qui collectent les données. Google Search va savoir à quoi vous pensez au moment où vous posez une question, Google Maps collecte les données du GPS et sait où vous voulez aller, Gmail lit ce que vous écrivez.

Apple a une démarche différente ?

Ils ont un business modèle un peu plus vertueux. C’est une marque haut de gamme qui vend des gadgets chers, avec des marges copieuses. Apple gagne de l’argent en vendant du matériel. Ça leur permet de dire que votre vie privée ne les intéresse pas. Sauf si vous utilisez la recherche Google avec un appareil Apple…

Est-ce simple de tromper Facebook avec de fausses informations ?

Pas vraiment. Tout ce que vous dites est analysé. Quand vous cliquez sur j’aime, il le note. C’est un vrai cauchemar pour ça. Le pire, c’est Facebook sur le téléphone. Si vous prenez un téléphone Android – en gros 90 % de part de marché –, Facebook vous demande d’accéder à vos textos, vos photos fichiers, vidéos… En bas, vous cliquez sur un bouton vert pour accepter.

Et si on refuse ?

Vous n’avez pas Facebook sur votre portable.

Vous dites que la surveillance sur Internet favorise la conformité aux normes sociales et pourtant, en parallèle, on voit comment la parole peut se libérer, notamment dans la facho-sphère.

En fait, chacun choisi sa norme. Celle de la fachosphère consiste à traîner dans la boue les « journalopes », les « gauchiasses ». C’est le concept de la bulle de filtre : les réseaux sociaux, détectant les sujets qui vous intéressent, vous servent des propos qui sont similaires aux vôtres. Donc vous êtes à l’aise, dans une norme car autour de vous les gens ont la même attitude : cracher sur le progrès, l’ouverture, le féminisme, l’acceptation des migrants… Les normes coexistent du moment qu’elles ne communiquent pas entre elles.


*Tristan Nitot a publié Surveillance:// aux éditions C&F. En librairie ou sur http://cfeditions.com/surveillance/

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http://www.sinemensuel.com/interview/tristan-nitot-ils-savent-tout-de-nous-meme-quand-on-baise/

RSI : vie et mort d'une intox à 5 millions de vues sur Facebook

Sonnés par la victoire de Donald Trump et le flot d’intox qui a porté sa campagne, les journalistes politiques américains se sont inquiétés au lendemain de son élection de l’avènement d’une nouvelle ère, celle de la «post-vérité», où «les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles», comme le résume le très sérieux dictionnaire britannique Oxford, qui a fait de la «post-vérité» son mot de l’année 2016.

L’une des caractéristiques premières de cette nouvelle donne médiatique est la puissance des réseaux sociaux, abreuvant les citoyens de fausses informations qui recueillent une audience considérable, et face auxquelles les éventuels démentis sont inefficaces.

Le phénomène, s’il est désormais étudié sous toutes ses coutures par les médias, n’est évidemment pas neuf. Mais la semaine dernière a fourni en France un cas d’école de cette désinformation virale, et de l’impact qu’une vidéo amateur d’un internaute lambda peut avoir sur l’opinion : une vidéo donnant des chiffres totalement farfelus sur le taux de cotisation imposé par le régime social des indépendants (RSI) a été vue quelque 5 millions de fois sur Facebook. Malgré un premier article de Désintox et une seconde vidéo de son auteur, admettant qu’il s’était trompé, la vidéo a continué d’être partagée, avant d’être finalement supprimée suite à une intervention des équipes de Facebook. Voici le récit du parcours de cette intox.

1. L’erreur originelle

Jonathan Colmont, entrepreneur en bâtiment, décide lundi 28 novembre de partager ses difficultés avec la France entière et enregistre à la va-vite, sur son téléphone portable, une vidéo-doléance faite maison, sur un modèle qui prospère sur Facebook. Il y explique pour faire court (le détail est ici) qu’il est asphyxié par le RSI au point de n’empocher in fine que 28,9% de ses 8 110,29 euros de bénéfices trimestriels, soit 2 340,19 euros, de son entreprise de rénovation d’intérieurs, basée dans le Sud-Ouest. Le propos est assaisonné d’injures à destination du pouvoir politique : «lopettes», «escrocs», «racket», etc.

2. Le contexte porteur

La vidéo, qui est d’abord partagée sur le mur personnel de l’entrepreneur sur Facebook, tombe à point nommé : le RSI est depuis plusieurs années l’objet de vives critiques de la part des millions de Français qui y sont assujettis. Les dysfonctionnements du régime sont présents dans la réflexion de nombreux candidats à l’élection présidentielle. Et une manifestation organisée par le collectif «Sauvons nos entreprises» a eu lieu le 28 novembre à Paris, au terme de deux longues marches convergeant vers la capitale depuis le mont Saint-Michel et Niort.

Plus globalement, la séquence offre une plongée dans les tracas d’un homme ordinaire. Au fond, la vidéo parle des vrais gens, de leur combat face au cyclope aveugle de l’administration française, face à «l’Etat voleur», qui s’engraisse sur les travailleurs-«vaches à lait». Ceux qui galèrent (RSI ou pas) s’y reconnaissent.

3. Le «vol» de la vidéo ou l’autonomisation inéluctable d’un contenu web

Résultat de la conjoncture favorable, le clip partagé lundi matin par l’artisan fonctionne bien. Trop bien, même, puisque lorsque Jonathan comprend qu’il dit n’importe quoi et décide de supprimer sa vidéo de son mur, il est déjà trop tard.

Est entré en jeu, entre-temps, «Franck l’abstentionniste qui énerve les cons». Cet internaute – qui milite sans relâche pour l’abstention en 2017, comme son nom l’indique – s’est emparé de la vidéo. Bien que Jonathan l’ait supprimée, Franck soupçonne une «censure» et met en ligne une copie. En guise de légende, cette mention «voici la vidéo du RSI censurée aujourd’hui», qui s’est depuis muée en «coup de gueule d’un jeune entrepreneur contre le RSI. Offrons-lui notre soutien».

Franck, Renda de son patronyme, nourrit son discours et sa page de contenus similaires, qu’il réalise lui-même ou va puiser ailleurs sur la Toile. La vidéo de Jonathan suit d’ailleurs de près une autre vidéo d’un autre artisan en colère contre le RSI, lequel donne également des chiffres loufoques, et qui avait déjà engrangé 2,5 millions de vues. 

Jonathan affirme avoir demandé le retrait de la vidéo et avoir été ignoré. «"Franck l’abstentionniste" m’a bloqué pour que je ne puisse pas m’expliquer.» Ledit Franck accuse Jonathan de l’avoir agressé. Peu importe : la vidéo n’est pas enlevée. Et elle cartonne.

4. L’inertie

Bénéficiant du pécule d’abonnés de Franck (plus de 20 000), l’intox gonfle. Mardi après-midi, quand un internaute signale l’intox à LibéDésintox via Twitter, la vidéo n’en est qu’à 200 000 vues. Le temps (une journée) de vérifier les comptes de l’entrepreneur, de contacter le RSI et de publier notre article, la vidéo a déjà été vue près de 2,5 millions de fois. Au téléphone, Jonathan a confessé sans mal son erreur : «Je me suis planté dans mes calculs. Je ne suis micro-entrepreneur que depuis trois mois et j’avoue que je me suis planté. Ce taux de 47%, je ne le paye pas.»

Il a aussi confié être effectivement dépassé par les événements. «J’avoue que je me suis planté mais il y a un autre sujet : après avoir supprimé ma vidéo, des sites l’ont re-partagée et elle tourne n’importe comment. Là, comme ça, ma vidéo fait limite hoax. Je suis très mal, ça me fait une crampe au bide. Honnêtement, je suis dégoûté de l’ampleur que ça prend.»

5. L’impossible démenti

L’artisan publie alors une troisième vidéo sur YouTube (il avait publié un deuxième témoignage où il remerciait ses soutiens, affirmait avoir reçu des menaces de mort et se désolidarisait des individus ou mouvements ayant partagé sa vidéo à des fins politiques), dans laquelle il reconnaît s’être trompé et appelle à «[faire] tourner pour que tout ça s’arrête».

«Maintenant, honnêtement, faut arrêter de gonfler le truc. Cette vidéo-là [la première, ndlr], qui a tourné sur différents sites, a été partagée des milliers, des milliers et des milliers. Ben j’espère que celle-ci fera le tour aussi», confie candidement Jonathan. En pure perte. A l’heure actuelle (6 décembre, 12 heures), son démenti atteint péniblement 32 300 vues sur YouTube quand son pendant «post-vérité» avait été partagé près de 200 000 fois et totalisait 4,6 millions de vues la dernière fois que nous avons pu le consulter.

Il serait hâtif de dire que toutes les personnes qui ont vu la vidéo sont tombées dans le panneau. Les commentaires suscités par la première vidéo (près de 6 000 !) donnent une idée des réactions. Une grande majorité dénonce une «triste réalité», les «rapaces», une «honte» pour la France. Quelques internautes contestent le calcul, renvoient vers notre Désintox ou la vidéo rectificative de Jonathan, mais ils sont noyés dans la masse.

6. Correctifs (tardifs)

Vendredi 2 décembre, en début de soirée, la page «Franck l’abstentionniste» devient subitement indisponible. Elle réapparaît au cours du week-end, mais la vidéo incriminée a disparu. C’est Facebook qui, sur un signalement de la vidéo par l’épouse de Jonathan Colmont et des amis du couple, a choisi de mettre hors ligne la page hébergeant le contenu mis en cause. Joint par Désintox, Franck Renda, qui n’explique pas pourquoi il a laissé la vidéo en ligne deux jours après la publication du démenti de Jonathan, reconnaît qu’on ne lui a pas laissé le choix. «Mon compte s’est retrouvé fermé, ce n’est pas la première fois, étant donné les contenus que je partage. Quand cela arrive, si vous acceptez de supprimer le contenu signalé, Facebook remet en ligne votre page.»

Il aura donc fallu deux jours et demi pour que la vidéo disparaisse de cette page (elle est toujours disponible sur au moins deux autres pages qui totalisent 200 000 vues supplémentaires) après démenti officiel de l’auteur. Interrogé sur ses éventuels états d’âme après avoir publié un contenu trompeur, Franck l’abstentionniste a eu ces propos fort lucides : «Quand ces vidéos abondent dans votre sens, quand elles vous confortent dans vos vues, apportent de l’eau à votre moulin, on ne se pose pas de question, on partage. J’étais trop content de pouvoir casser le RSI.» 

Valentin Graff

http://www.liberation.fr/desintox/2016/12/06/rsi-vie-et-mort-d-une-int .... s-de-vues-sur-facebook_1532453

Les Primaires : une supercherie antidémocratique ?

Cela fait des semaines que nos médias s'étalent à longueur de colonnes, de reportages et d'interviews sur les "petites phrases", les programmes et les portraits des candidats "Les Républicains" aux premières primaires de la droite française. Au-delà du fait que cet événement est l'occasion pour des petits politiciens sans envergure d'asseoir leur notoriété dans leurs fiefs respectifs (Jean-Frédéric Poisson, Bruno Lemaire ou NKM), pour un ex-Président de tenter un retour sur le devant de la scène (avec le résultat pathétique que l'on sait désormais), pour deux ex-premiers ministres aux bilans calamiteux de se refaire une virginité et nous laisser croire qu'ils seraient les hommes du renouveau, les Primaires de droite comme de gauche sont de nouveaux procédés de communication des partis de gouvernement pour occuper la scène médiatique. Problème : ces mêmes médias en jouant le jeu de ces entités politiques jouent en fait contre l'information, contre les institutions, contre la démocratie. Démonstration. 

Un storytelling médiatique en faveur des partis de gouvernement. 

Pour rappel, le storytelling médiatique qui consiste à nous enfumer en laissant croire que François Fillon est un candidat écouté et plebiscité par "les français", la réalité est tout autre. Sur l'illustration jointe à cet article, la partie grisée est celle des français (inscrits sur les listes électorales) qui n'a pas voté. En bleu, la part de "Les français" qui trouve recevable le profil et le programme ultralibéral et punitif de François Fillon et en rouge la part des soutiens d'Alain Juppé et de son programme ultralibéral et punitif. 

La primaire est surtout une technique de communication consistant à occuper le terrain durant des mois et rappeler que les médias en général sont des excroissances de ces partis de gouvernement qui détruisent tout ce qui fut acquis et conquis par les luttes, les combats, les convictions et le sang de nombre de nos ancêtres. Cette mécanique pré-élective est en réalité une arme de guerre, un bombardement incessant de la presse qui, pour l'essentiel, appartiennent à quelques capitaines d'industrie propriétaires de 90% des massmédias en France. 

Si le Parti des Travailleurs ou les Radicaux ou encore le Modem organisaient des primaires, il n'y aurait même pas une manchette dans les organes de presse. En janvier, ce sont les socio-liberaux dits de "gauche" qui occuperont le terrain laissant penser à ceux qui se contentent des médias de pouvoir qu'il n'y a qu'un choix entre FG, PS, FN et LR... C'est ça la démocratie moderne : la dictature de l'escroquerie médiatique (société du spectacle) .

Des médias à la botte des officines de communication. 

La question qui se pose également, c'est pourquoi des médias du service public déploient tant de moyens (plateaux, heures d'antenne, etc.) pour une élection interne de partis politiques (même si le vote est ouvert au tout venant) ? Comment se fait-il que les temps de présence des candidats des primaires écrasent à ce point celui d'autres volontaires aux Présidentielles françaises ?

Dans l'illustration jointe, nous voyons que 91% des français n'ont pas participé et n'ont pas exprimé un choix durant ces deux dimanches des primaires de droite. Je gage qu'ils ne seront pas plus nombreux à s'exprimer lors des primaires de gauche. Si les sondages sont désormais totalement discrédités, il y a des questions à se poser quant à la probité des médias, à leur objectivité et à leur compromission. Les journalistes, depuis le Brexit et l'élection de Donald Trump crachent ou du moins disqualifient le vote en l'estampillant avec des termes/formules tels que "populiste" ou "petits blancs sans éducation", etc. Cette arrogance est un aveu de faiblesse et d'incompétence. Il serait pourtant si simple de revenir à l'information et non plus se complaire dans le renforcement des messages téléguidés d'officines de communicants spécialisés tant dans le marketing politique que dans le lobbying économique. 

Lorsqu'en janvier les primaires de "gauche" prendront la place des primaires de "droite", aucun média ou presque ne se souciera de ces millions de français qui s'abstiennent désormais de voter ou qui optent pour le vote blanc ou nul. On a de cesse de parler de crise de la démocratie, mais au fond, si l'on y regarde d'un peu plus près, ne serions-nous pas en train de vivre une déliquescence croissante du métier de journaliste et peut-être même de subir une inféodation totale de la presse au système ultralibéral qui nous dirige ? 

Cette question, bien sûr, contient la réponse. 

Léonel Houssam

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http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/les-primaires-une-supercherie-186960

Des smartphones Android envoient vos données personnelles en Chine - Politique - Numerama

Des millions de smartphones Android ont été vendus avec un firmware, développé par une entreprise chinoise, qui collectait les données personnelles des utilisateurs. La découverte a été faite par une entreprise de cyber-sécurité.

Kryptowire, une entreprise spécialisée dans la sécurité informatique, a découvert récemment qu’un firmware malicieux était installé dans plusieurs appareils Android, notamment le BLU R1 HD. Ces derniers étaient commercialisés sur des sites de vente en ligne comme Amazon ou BestBuy. Le firmware envoyait les informations des utilisateurs à des serveurs localisés à Shanghai, sans l’autorisation de ces derniers, toutes les 72 heures.

Cette opération espionnait constamment les données des appareils, notamment les contenus des SMS dans leur intégralité, la liste des contacts, l’historique des appels, l’Identité Internationale de l’Abonné Mobile (IMSI) et l’Identité Internationale de l’Appareil Mobile (IMEI). En outre, le firmware surveillait l’utilisation des applications, les informations de localisation et pouvait même exécuter des reprogrammations et des installations d’autres applications supplémentaires sans le consentement de l’utilisateur, en étant capable de contourner le système de permission d’Android.

81lzpi2hmol-_sl1500_Le BLU R1 HD, victime numéro 1 du firmware d’Adups

Le firmware malicieux, qui fait partie de la famille des Firmware Over The Air (FOTA), a été développé et introduit dans les smartphones par une entreprise chinoise, la Shanghai Adups Technology Co. Ltd. D’après son site internet, Adups bénéficie d’un réseau de 700 millions d’utilisateurs actifs et d’une part de marché de plus de 70 %, étendue sur plus de 200 pays. L’entreprise chinoise a déclaré ainsi que ses firmwares sont installés dans plus de 400 appareils électroniques, en incluant des télévisions, des smartphones et des voitures.

Dans un communiqué de presse récent, Adups a assuré qu’elle utilisait toutes ces données collectées à des fins commerciales, notamment pour l’amélioration de ses services « dans le nuage » et de ses mises à jours, en soulignant que cette immense quantité d’information n’a pas été exposée à d’autres entreprises ou institutions.

Cependant, selon Azzedine Benameur, le Directeur de Recherche chez Kryptowire que nous avons contacté, le fait que ce firmware pouvait collecter des données personnelles à travers l’utilisation de mots clefs est très louche : «  Ils pouvaient choisir d’analyser les données sur n’importe quel angle et sujet », affirme-t-il. L’opération était menée t à travers l’utilisation d’un REST API qui ensuite enregistrait les informations sur un serveur à distance.

capture-kryptowire-checkinLa formule standard d’enregistrement de Adups. Crédits : Kryptowire.com

Benameur avoue que cette découverte a été réalisée par hasard pendant que l’équipe de Kryptowire était en train d’effectuer des analyses sur la quantité de contenu publicitaire présent dans ces smartphones. «  En effectuant des cartographies de données, nous avons constaté qu’il y avait plus qu’un simple système de publicités  », lance Benameur. Du coup, Kryptowire a tout de suite contacté les entreprises intéressées : Google, Amazon, Adups et BLU.

Si on compare le cas Adups avec celui de Carrier IQ en 2011, on remarque qu’Adups est bien plus perfectionné.

adups_security_analysis_figure1Comparaison Carrier IQ vs Adups. Crédits : Kryptowire

On ne sait pas quelles seront les conséquences de cette découverte sur la société. De son côté, Benameur avoue son incertitude face aux impacts futurs du scandale Adups, notamment sur les conséquences que cela pourrait avoir sur les rapports entre les États-Unis et la Chine.

Néanmoins, le chercheur souligne un fait très important : celui de sensibiliser les personnes du monde entier sur ce genre d’opérations et sur les enjeux technologiques qui deviennent des questions de société : « la prise de conscience du public est fondamentale ».

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Le CV n’est-il plus adapté au recrutement IT?

Le but premier d’un CV est, en théorie, de permettre aux employeurs de jauger les expériences et les compétences des candidats afin de décider si oui ou non, ils pourraient être compatibles avec une offre d’emploi.

Le constat

Le souci est que les choses ont beaucoup changé depuis l’âge d’ôr du Curriculum Vitae.

Au fil des années, j’ai constaté que seul 5 % du contenu d’un CV m’aide réellement à décider si le processus de recrutement est envisageable et si le candidat peut être invité à un premier entretien.

Ce constat personnel m’a clairement surpris, j’ai donc effectué quelques recherches sur le sujet et j’ai découvert que de récentes études ont montré que la plupart des recruteurs consultent un CV seulement 7 secondes en moyenne avant de décider si le candidat est intéressant ou non. Pourtant, tout le monde continue de rédiger son CV de la même façon, sans remise en question.

Voici par exemple, pour un profil technique (développeurs/ingénieurs) les 2 seuls éléments qui m’intéressent:

1°) J’isole visuellement des mots clés et leurs redondances dans les expériences «Java», «iOS», «Android», «NoSQL», etc qui me permettent de constater si il y a une synergie avec les projets techniques de l’entreprise. (Malheureusement, chaque compétence généraliste citée ne me donne aucune précision sur les réelles compétences des candidats mais m’indique simplement que le candidat a volontairement souhaité le mettre en avant en le mentionnant.)

2°) Je regarde le nombres d’années d’expériences et les anciens employeurs, surtout le dernier, c’est tout.

Pourquoi le reste ne m’aide pas dans ma prise de décision?

Et bien malheureusement, le reste ne m’aide pas à faire un choix tout simplement car ce sont souvent des informations que je ne pourrai jamais ou difficilement vérifier.

  1. Les compétences techniques, je peux partiellement les vérifier en faisant passer systématiquement un entretien technique théorique et pratique au candidat.
  2. Les anciens employeurs, je peux les vérifier en validant éventuellement les références du candidat si un doute subsiste.

L’essentiel de ce que je souhaite entrapercevoir chez un candidat n’est pas véritablement disponible dans le CV:

  • Son niveau technique,
  • Ses savoirs faire réels,
  • Sa passion pour son métier,
  • Sa compatibilité avec la culture de l’entreprise,
  • Sa personnalité (introverti, extraverti, etc..),

Aujourd’hui, je ne peux obtenir véritablement ces informations essentielles au recrutement que grâce à une série d’entretiens en face à face.

Une bonne dizaine de rencontres, et donc de premiers entretiens, est nécessaire avant de trouver la perle rare.

Toute cette phase de recherche est chronophage, que ce soit pour l'employeur ou le candidat.

Le coût total du recrutement s'en voit donc démultiplié.

Le point de vue de l’employeur..

De nos jours, les employeurs ne veulent pas seulement savoir où les candidats ont travaillé ou qu’elles ont étaient leurs tâches, ils veulent VOIR et palper leur travail.

«Prouvez-moi que vous savez de quoi vous parlez.»

C’est la question que tous les employeurs se posent à la lecture d’un CV, et c’est bien là tout le problème avec les CVs. Ils ne prouvent rien, on leur fait dire ce que l’on veut.

Le marché de l’emploi dans les domaines du digital et du numérique est devenu tellement compétitif que des candidats peu scrupuleux avides de donner un coup de pouce à leurs carrières, n’hésitent pas à s’inventer des expériences, des compétences, des responsabilités qu’ils n’ont malheureusement jamais eues.

En 2016, un CV ne donnera plus au lecteur une superbe première impression, peu importe à quel point il est original. Il soulévera au plus des interrogations et éventuellement la curiosité nécessaire qui le pousseront éventuellement à proposer un entretien.

Le point de vue du candidat..

Qui n’a jamais ressenti la terrible frustration d’être écarté d’un recrutement uniquement sur la base de son CV?

«Mince, je suis convaincu que j’étais fait pour ce poste, j’ai même pas eu l’occasion de les rencontrer pour me présenter davantage et leur prouver mes compétences…»

Pour les candidats, les CVs sont obligatoires car un standard. La conséquence est qu’ils se ressemblent tous. Chacun rédige un CV par obligation, pour suivre la norme. Le CV reste le laisser-passer universel pour postuler.

Pourtant, qui peut jurer ne jamais avoir utilisé de modèle pour réaliser son CV?

La lettre de motivation dans tout ça…

La lettre de motivation! Elle est dans les études et en pratique considérée aujourd’hui comme inutile. D’ailleurs, je constate de plus en plus que les candidats en prennent conscience également car j’en reçois de moins en moins peut être 1 sur 10 candidatures, voire moins.

Voici ci-dessous, la dernière lettre de motivation que j’ai reçue (anonymisée volontairement). Elle est sans âme, n’est absolument pas orientée vers l’entreprise ciblée mais sans aucun doute très pratique pour être copier/coller pour d’autres postulations.

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Conclusion: Le CV est-il toujours adapté et adéquat?

Si vous êtes ingénieurs ou développeurs, par exemple, envoyez aux employeurs du code source, un compte Github ou un site web, pas uniquement votre CV. Cela permettra à la fois de montrer à l’employeur votre savoir-faire et vos compétences mais également et surtout votre passion pour votre métier.

Démarquez vous des autres. Montrez votre passion, votre portfolio, vos centres d’intérêts techniques.

Je tiens à préciser que je ne suis pas un professionnel du recrutement, je n’ai pas étudié les ressources humaines. Cependant, de part mon métier, je recrute des profils techniques (MOE, MOA, IT) depuis environ 7 ans. Je reçois beaucoup de CV et inévitablement des candidats en entretien chaque semaine. Il est fort probable que mes conclusions et mes recherches ne concernent que certaines catégories de rechercheurs d’emplois, notamment dans l’IT et pas l’intégralité.

  • L’expert

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Thomas Thelliez est co-fondateur et directeur technique de Jooxter.com. Auparavant fondateur et CEO d'Eenox, il a été précédemment architecte logiciel et professeur en intelligence artificielle (IA) avant de démarrer sa carrière comme ingénieur sur Bruxelles, Paris et Lille. 

Il partage ses expériences en création de produits digitaux sur son blog Rocket Bootstrapper et sur les réseaux sociaux, notamment Twitter et LinkedIn.

  • La Semaine de l’Emploi

FrenchWeb se mobilise et organise la sixième semaine de l’emploi dans le numérique (#SEN6) toute la semaine (portraits, interviews, offres d’emploi, tables rondes…). L’opération #SENFW, destinée à valoriser les opportunités d’emploi dans ce secteur, a lieu tous les 6 mois.

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Les Experts

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Les Experts

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http://www.frenchweb.fr/le-cv-nest-il-plus-adapte-au-recrutement-it/265351

L’Open Source, un levier de développement économique pour la France ?

Les nouvelles logiques numériques incontournables contribuent à construire les modèles économiques de demain.

Un développement au sein des territoires au service d'un dynamisme national

En France, très tôt, l'Open Source est apparu comme un levier de développement pour les territoires. Ce modèle génère en effet principalement une économie locale, puisque tous les prestataires sont égaux grâce aux licences Open Source comme l'a rappelé, il y a quelques années, le Conseil d'État. Les acteurs locaux bénéficient de ce fait d'un avantage compétitif lié à leur localisation et connaissance du territoire.

Très vite et dans la logique de mutualisation qui caractérise l'Open Source, les entreprises se sont rassemblées au sein de groupements professionnels. Le premier, Prolibre, date de 2003 et beaucoup d'autres territoires ont suivi le même exemple.

En plus de l'Île-de-France, moteur dans ces nouvelles logiques, la Nouvelle-Aquitaine est aussi particulièrement impliquée dans l'Open Source. Ces groupements professionnels ont tout de suite amené la notion de "coopétition" (contraction de compétition et de coopération) qui met en évidence l'importance pour les entreprises, parfois concurrentes, de s'allier et de répartir les efforts de R&D entre les territoires.

On dénombre aujourd'hui douze clusters régionaux, tous réunis au sein du CNLL (l'union des entreprises du numérique ouvert) qui fédère les initiatives régionales et porte les messages auprès des institutions nationales.

La reconnaissance de l'excellence française dans l'Open Source

À l'échelle européenne, la France est un acteur majeur de l'Open Source. Sa force réside dans le fait qu'elle est la seule à s'être organisée en clusters, qui rassemblent aujourd'hui près de 450 entreprises. À l'inverse, l'Angleterre et l'Allemagne souffrent de leur incapacité à se rassembler dans un écosystème structuré et dynamique.

Ajoutons que l'État français adopte actuellement un positionnement de Chef de file sur ces sujets dans le cadre de sa récente Présidence de l'OGP : s'ouvrant beaucoup plus aux différentes valeurs de l'Open Source et édifiant des éléments structurants pour la mise en oeuvre de politique Open Source à l'échelle de l'État.

La France excelle, sans conteste, en termes de compétences, d'innovations et d'apports technologiques purs. Les chercheurs français sont reconnus à l'international, la formation française et les idées qui en émergent sont prisées parmi les plus grands groupes internationaux.

En revanche, les projets français sont peu transformés économiquement. Il est rare que les solutions mises en oeuvre "explosent" sur le marché français à l'inverse des marchés étrangers. Bien souvent, ces projets comme GenyMobile, Docker ou encore Exoplateforme s'imposent ainsi à l'international dans un premier temps - plus précisément aux États-Unis où l'investissement à risque fait partie de la culture professionnelle.

En France, ce marché est encore très réduit et la logique française laisse peu de place à l'innovation ni même aux modèles de l'Open Source, trop peu connus et impliquant une économie plus complexe qui effraie parfois les investisseurs.

Et pourtant, les profils français et particulièrement leur expérience de la recherche et de l'industrie sont très convoités à l'étranger. Si la France n'est pas capable de tirer le meilleur de ce potentiel, d'autres acteurs internationaux le feront pour elle.

@jcelineau

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http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-162463-lopen-source- .... que-pour-la-france-2042011.php

Pour Mark « autruche » Zuckerberg, Facebook n'a pas influencé l'élection américaine - Politique - Numerama

Le patron du réseau social au 1,4 milliard d'utilisateurs affirme que le rôle joué par les pages d'actualité partisanes est exagéré par les médias. Il nie aussi l'impact exercé par les bulles filtrantes de Facebook, pourtant avéré.

Facebook a-t-il influencé le résultat de l’élection présidentielle américaine à cause de ses bulles de filtrage et des fils d’actualité mensongers animés par des pages engagées politiquement  ? Alors que l’accusation résonne de plus en plus fort dans les médias américains, Mark Zuckerberg, patron du réseau social au 1,4 milliard d’utilisateurs, préfère jouer la stratégie de l’autruche  : « L’idée que Facebook ait influencé l’élection de la moindre manière à cause de ses faux articles d’actualité, qui représentent une partie infime de notre contenu, me paraît ridicule. […]  Les électeurs ont fait leur choix en se basant sur leur vécu. On fait preuve d’un grand manque de considération en affirmant que ces personnes auraient voté comme elles l’ont fait simplement parce qu’elles ont lu de fausses informations. »

donald-trumpCC Jeso Carneiro

Dans une récente enquête, Buzzfeed (US) démontre pourtant que ces pages partisanes, quel que soit leur bord politique, engendrent bien plus d’activité sur le réseau social que les trois pages d’information politique généraliste (Politico, CNN Politics, ABC Politics). Pire : plus la page contient d’informations erronées, plus elle entraîne un nombre de partages, de commentaires et de « j’aime » important. L’analyse détaillée de trois pages de droite montre ainsi que 38 % de leurs publications sont remplis d’informations fausses ou d’un mélange d’éléments factuels et de mensonges.

Un chiffre inquiétant quand on sait que 62 % des Américains s’informent sur les réseaux sociaux. Tout utilisateur peut s’y retrouver enfermé dans une bulle qui le conforte dans ses opinions et ses goûts, et ainsi gober les nombreux mensonges proférés par Donald Trump et ses partisans pendant la campagne, en se coupant totalement de la réalité. Une méthode de « désinformation méthodique » dénoncée, en France, par l’ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira, qui appelle à « responsabiliser » les patrons des réseaux sociaux.

Quand il était candidat, Donald Trump avait appelé ses partisans à oublier la presse pour s’informer sur Internet.

Le 45e président des États-Unis, qui avait enjoint ses partisans, à l’époque où il était encore candidat, à « oublier la presse et à s’informer sur Internet » affirme lui-même avoir été élu en partie grâce aux réseaux sociaux  : « L’influence que j’ai en termes d’audience avec Facebook, Twitter, Instagram, etc., m’a aidé à gagner plusieurs courses pour lesquelles [Hillary Clinton] avait dépensé beaucoup plus d’argent que moi. […] Quand les médias traditionnels me critiquent ou mentent à mon sujet, je peux contre-attaquer par le biais des réseaux sociaux. »

Le patron de Facebook se défend aussi en rappelant que son réseau social est une entreprise technologique et pas un média au sens strict du terme : en conséquence, ce genre de problématique ne relèverait pas du domaine de compétence de Facebook. D’autant qu’aux yeux de Mark Zuckerberg, les bulles filtrantes n’ont pas l’impact considérable dénoncé par ses critiques : « Les recherches menées prouvent qu’elles ne posent pas problème. » L’étude en question, menée auprès de 10,1 millions d’utilisateurs Facebook ouvertement engagés, affirme que l’algorithme du réseau social aurait pour simple conséquence de réduire de 1 % la visibilité des articles publiés par ses rivaux politiques.

Mark Zuckerberg reconnaît en revanche son impuissance face au désintérêt des utilisateurs pour les articles qui vont contre leur opinion

Mark Zuckerberg reconnaît en revanche son impuissance face à une réalité bien visible : quand ils voient apparaître un article qui ne les conforte pas dans leur opinion, les utilisateurs se contentent de ne pas l’ouvrir. « Nous serions tous surpris de voir le nombre d’éléments contraires à notre vision du monde que nous écartons instinctivement. Je ne sais pas quoi faire à ce sujet », conclut le patron de Facebook, dont les plus hauts responsables s’interrogent malgré tout, en coulisse, sur les leçons à tirer de leur rôle dans cette élection historique.

À lire sur Numerama : Bulles de filtrage  : il y a 58 millions d’électeurs pro-Trump et je n’en ai vu aucun

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Bulles de filtrage : il y a 58 millions d'électeurs pro-Trump et je n'en ai vu aucun - Tech - Numerama

L'explication du vote Trump viendra en temps et en heure. En attendant, nous pouvons essayer de comprendre pourquoi personne ou presque ne semble avoir anticipé ce résultat.

Depuis ce matin, on peut lire dans la presse et sur les réseaux sociaux des dizaines — si ce n’est des milliers — de réactions de choc au sujet des résultats de la présidentielle américaine. Qu’elles viennent des États-Unis ou d’ailleurs dans le monde, toutes ou presque, posent une question fondamentale : comment cela a-t-il pu se produire ? Comment le phénomène Trump, pétri dans ses travers, ses mensonges, son racisme, sa haine et sa violence, a-t-il pu passer aussi inaperçu durant ces longs mois ? Comment pouvait-on être aussi sûrs et certains que le Trump élu n’existait pas dans notre univers ?

Il y a bien entendu des dizaines de facteurs qui sont la trace de la complexité des États-Unis et des humains en général et que nous n’aurons pas la prétention de comprendre, encore moins d’expliquer. Historiens, sociologues et politologues se chargeront bien mieux que nous de cela. Il y a également les sondages, les analyses, les schémas prédictifs, l’analyse de données, bref, tous ces outils modernes dont la presse américaine s’est servie et qui n’ont fait que masquer la réalité du terrain, en l’absence de critique constructive des données brutes. Et il y a aussi, toujours plus marqué, un double clivage qui était déjà présent lors du Brexit : celui des jeunes contre les plus âgés et celui des villes contre les campagnes.

capture-decran-2016-11-09-a-15-52-11En bleu, les électeurs Démocrates. En rouge, les Républicains. Source : NYTcapture-decran-2016-11-09-a-15-52-30En bleu, les électeurs Démocrates. En rouge, les Républicains. Source : NYT

Mais si ces phénomènes existent et expliquent le vote, un autre phénomène, double lui aussi et typiquement numérique, explique le fait que le phénomène Trump soit passé complètement sous les radars. Ces deux concepts ont des noms qu’il va falloir s’habituer à voir agrémenter les débats futurs : d’une part, la bulle de filtrage, qui enferme une personne dans une image du monde qu’elle projette par des recommandations toujours plus ciblées, poussées par des algorithmes  ; d’autre part, le biais de confirmation. Explications.

Nous sommes déjà sur Mars

Les résultats de l’élection présidentielle ont amené dans ma timeline, que ce soit sur Facebook ou sur Twitter, une vague d’appels pour un décollage imminent vers la planète rouge. Même si les plans d’Elon Musk sont toujours sur les rails et que la Nasa y songe toujours, le voyage intersidéral n’est pas pour demain. Et pourtant, d’une certaine manière, à en croire les flux de mes réseaux sociaux qui me donnent une image du monde que je crois réaliste, je suis, comme beaucoup d’autres, déjà sur une autre planète.

Sur ma planète, la plupart des gens vivent en ville, s’intéressent aux nouvelles technologies, à la science et aux jeux vidéo. Pour beaucoup, ils ont été à l’université ou dans de grandes écoles et on y croise souvent des journalistes, des développeurs, des designers, des professeurs ou des doctorants. Ma planète partage son avis sur des séries, va au cinéma, écoute de la musique contemporaine, rit aux blagues qui me font rire, pleure quand des tragédies me touchent.

Elle partage avec moi, il me semble, un idéal égalitaire, une volonté de progrès social et d’intégration et des luttes que nous estimons justes — qu’il s’agisse de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’accueil des migrants ou l’arrêt des discriminations contre les minorités. D’autres causes sont plus militantes et minoritaires chez elle, comme le végétarianisme. Comme moi, je crois, elle a ses travers : ma planète est dépolitisée, un poil cynique et a tendance à oublier très vite les grands combats de la veille. Mais malgré tout, malgré ses défauts, j’y me sens bien.

Ma planète n’est pas la planète

Et pourtant, même si ma planète reflète mon monde, elle ne reflète pas le monde. Elle est simplement prise dans ce que l’on appelle une bulle de filtrage : algorithmes et techniques de collectes de données aidant, un cocon numérique s’est créé autour de nous et il est aujourd’hui très difficile d’en sortir. Facebook, le réseau social le plus utilisé au monde, est bien connu pour cela. Quand vous cliquez sur un J’aime, ou que vous masquez une publication qui vous déplaît, Facebook apprend vos préférences. Avec l’ajout récent des réactions par smiley interposé, Facebook sait même maintenant ce que je ressens quand je commente une publication : il sait ce qui me fait rire, ce qui me révulse et ce qui m’attriste.

En affinant ce profil que Facebook s’est fait de moi, il va parvenir à me proposer des contenus qui déclenchent des émotions positives, des contenus que je peux aimer et partager. Je n’ai jamais croisé un seul supporter de Trump dans mon feed Facebook, français ou américain — et c’est précisément le constat de Matthew Hughes, journaliste pour The Next Web, à qui nous avons emprunté le titre de cet article : « Comme la plupart des gens, je vis dans une bulle que j’ai créée, où les seules perspectives que je croise sont similaires aux miennes  », affirme-t-il.

Et je ne peux qu’abonder : quand j’ai vu passer des propos que j’estimais malsains ou déplacés dans mon feed Facebook, j’ai simplement cliqué sur « Ne plus voir les publications de cette personne ». Je n’ai pas perdu mon temps à essayer d’avoir raison sur Internet. J’ai tout simplement masqué l’attaque, la tentative de percer dans ma bulle de confort. Petit à petit, je me suis créé un espace dans lequel je me sens en harmonie — et qui pourrait blâmer quelqu’un de chercher confort et bien-être ?

This artist’s impression shows how Mars may have looked about four billion years ago. The young planet Mars would have had enough water to cover its entire surface in a liquid layer about 140 metres deep, but it is more likely that the liquid would have pooled to form an ocean occupying almost half of Mars’s northern hemisphere, and in some regions reaching depths greater than 1.6 kilometres.

Cette tendance à la bulle de filtrage est partout : Amazon les utilise déjà depuis longtemps pour vous suggérer des produits, Twitter pour vous suggérer des comptes, Netflix pour vous suggérer des séries, Google pour vous suggérer des résultats de recherche (faites une même recherche sur Google classique et sur Google en navigation privée pour vous en convaincre).

Et le pire, c’est que ces services n’ont aucune bonne raison de ne pas le faire : quand nous avons demandé au géant de la SVoD si leur algorithme de recommandation ne limitait pas le champ culturel de leurs clients, conseillant toujours et encore les mêmes programmes, leur réponse a été catégorique. L’algorithme de Netflix tente en effet de déstabiliser ses clients : un programme affiché en une un beau jour sera complètement aléatoire, sorti du filtre. Résultat : c’est extrêmement rare que le client le regarde. Tout comme il y a très peu de chance qu’Amazon vende un Marc Lévy à un doctorant en littérature. Ce qui renforce l’idée que l’algorithme est utile.

La bulle de filtrage est donc un véritable problème technologique : elle est particulièrement efficace en pratique, mais est tout autant dangereuse dans la mesure où elle masque la réalité du monde. Surtout quand elle se double de notre deuxième piège : le biais de confirmation.

Le décodage pour les décodés

Quand on regarde le traitement médiatique de la campagne de Donald Trump — ou celui, plus proche de nous, des primaires et des sorties médiatiques des hommes et femmes politiques –, on lit beaucoup de debunk. Le Monde, journal de référence en France, a même ouvert une excellente rubrique nommée Les Décodeurs qui s’attelle, jour après jour, à vérifier des petites phrases ou des théories populaires pour les confirmer, les infirmer ou les préciser. Mais le principal problème auquel fait face une rubrique de ce genre, c’est qu’elle s’adresse, majoritairement, aux convaincus : elle n’atteint pas, massivement, la bulle de filtrage de ceux qui doutent ou répandent les rumeurs analysées.

Et de leur côté, les supporters de Trump ont aussi eu leur petite bulle de filtrage, alimentée par des médias d’extrême droite, militants, pratiquant en masse ce qu’ils nomment la réinformation, convaincus que le système médiatique est contre eux. Aux États-Unis, Breitbart est devenu le leader de cette contre-pensée qui cherche des boucs-émissaires, refuse des théories scientifiques ou tire les faits pour en faire des contre-vérités. Le militantisme se fait alors passer pour du journalisme : le fait ne compte plus, c’est le programme qui le remplace.

Maintenant, changez une seconde de planète. Mettez vous dans la peau, le feed Facebook et le compte Twitter d’un électeur républicain pas franchement convaincu de Donald Trump. Son réseau premier est constitué de gens comme lui, qui hésitent, qui doutent, qui en ont marre de vivre à la limite du seuil de pauvreté et qui ne savent pas trop vers qui se tourner pour que leur colère remonte au plus haut des états — et certainement pas vers ceux qui veulent l’abandonner en allant sur Mars.

Au lieu de lire les articles du Monde ou du New York Times démontrant que Trump ment, que ses propositions ne tiennent pas debout, qu’il risque de rendre encore plus fragile sa situation déjà précaire, qu’il représente des valeurs nauséabondes qu’il ne partage pas et — pire que tout — que le candidat fait partie intégrante du système qu’il dit combattre, l’électeur indécis va tomber petit à petit sur du contenu militant.

Il n’a pas de travail à cause des Mexicains, pas de perspective à cause du complot chinois sur le réchauffement climatique et risque de mourir s’il croise un migrant, qui sont tous des terroristes sanguinaires. Le biais de confirmation, très bien expliqué dans la Démocratie des crédules du sociologue Gerald Bronner, entre alors en jeu : des tas de gens, et même de nouveaux médias, affirment ce qu’il était à deux doigts de penser. Il ne peut donc pas avoir tort — c’est qu’il a raison. Il va liker. Et se retrouver avec de nouveaux articles, commentaires et analyses, entre informations réelles, information alternative et désinformation. L’indécis s’est transformé en convaincu.

Le militantisme se déguise en journalisme et l’indécis devient convaincu

Ni moi, ni ceux de ma bulle, ni les réseaux sociaux n’auront cherché à y faire quoi que ce soit, car nous avons tous préféré notre discours — sur nos planètes respectives.

Que peut-on faire ?

Peut-on éviter qu’une telle situation s’aggrave ? Que des groupes d’humains toujours plus grands soient enfermés de chaque côté du monde numérique ? Dans un article de Motherboard daté de juillet 2016, on lisait que le phénomène des bulles de filtrage allait de mal en pis. L’article s’appuyait sur deux faits : d’un côté, que 62 % des adultes américains s’informaient sur les réseaux sociaux ; de l’autre, que les nouveaux algorithmes de Facebook ont été conçus pour « nous rapprocher des gens, des lieux et des choses desquels nous sommes proches ».

En 2014, un article du Nieman Lab, l’institut d’étude du journalisme de Harvard, affirmait le contraire, s’appuyant sur une étude de la New York University menée par le chercheur Pablo Barberá. Elle disait peu ou prou qu’au contraire, les réseaux sociaux permettaient la confrontation avec des gens avec qui nous avons des liens faibles. Le chercheur affirmait alors que Twitter, par exemple, nous mettait en relation avec des gens croisés au détour d’un voyage d’affaires ou d’une personne dont nous aurions juste entendu parler, ce qui, finalement, constitue un socle plus diversifié que notre entourage proche dans la vraie vie.

À lire sur Numerama : Sur Facebook, vos opinions politiques n’ont quasiment aucun impact

C’est vrai, mais c’est sans compter notre aptitude merveilleuse à choisir ce que l’on a envie de lire, qui l’on a envie de suivre, avec qui l’on a envie de discuter — le tout associé aux algorithmes qui nous aident à choisir.

À tout problème complexe, il n’existe pas de solution miracle. Le problème des bulles de filtrage doit être médiatisé et connu car il fait aujourd’hui, en partie, ce que nous sommes et par extension, construisent le monde dans lequel nous vivons. Veut-on s’apercevoir demain que le Front National ou les théories farfelues du Grand Remplacement sont soutenus par une majorité de Français alors que nous avions l’impression de vivre dans un monde où l’extrémisme et les complots sont marginaux, si ce n’est inexistant ? Probablement pas. Se rendre compte de la réalité du monde est donc un premier pas et pour le faire, il est nécessaire de faire exploser les bulles, quitte à se faire du mal.

Et la deuxième étape est une lutte active contre la désinformation, à toutes les échelles, pas seulement sur internet et dans les bulles qui la combattent aujourd’hui dans un entre-soi qui ne mène pas à grand chose. C’est, pour le New York Times, l’un des plus grands défis modernes.

Ce n’est qu’avec cet instantané du monde tel qu’il est, évitant la simplicité qui est de pointer du doigt les électeurs, que de vraies réponses pourront être apportées — qu’elles passent par l’éducation, l’économie ou les médias.

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Mozilla et Google retirent l'extension WOT de leurs stores, après un scandale de collecte et vente des données personnelles de ses utilisateurs

calendrier.gif WOT (ou Web of Trust) est un logiciel gratuit de sécurité développé par la firme WOT Services basée à Helsinki en Finlande. Il prend la forme d'un plugin ou extension pour navigateur web (Mozilla Firefox, Google Chrome) qui renseigne l'utilisateur sur la réputation des sites Web avant que celui-ci n'y accède. WOT affiche, en regard de chaque lien (texte ou image) renvoyé par le moteur de recherche, un indicateur de la fiabilité du site concerné. Cet indicateur prend la forme d'un cercle dont la couleur va du vert (fiable) au rouge (dangereux). Le système repose sur le crowdsourcing, c'est-à-dire sur les avis émis par la communauté des utilisateurs de WOT. Lorsqu'un site n'a pas encore été noté par les utilisateurs de WOT, l'indicateur de fiabilité est gris, ce qui n'indique pas un danger mais reflète le fait que ce site est peu fréquenté.

web-of-trust-ratings.png

Il n’aura pas fallu longtemps à Mozilla et Google pour retirer cette extension de leurs vitrines en ligne après des rapports qui ont fait surface dans les médias allemands, notamment le NDR (Northern German Broadcasting) ou sur la chaîne Das Erte dans l'émission Panorama, et qui indiquent que les éditeurs de WOT ont collecté et vendu l’historique de navigation des utilisateurs sans même prendre la peine de les anonymiser contrairement à ce qu'elle affirme.

Un audit effectué par d’autres chercheurs à l’instar du chercheur allemand Mike Kuketz ou de Rob Wu, a permis de réaliser que les dommages causés par WOT auraient pu être plus sévères. En effet, le plugin peut exécuter du code arbitraire sur n’importe quelle page. L’impact et la sévérité de ce problème ont été catégorisés comme étant critiques étant donné que WOT pouvait faire n’importe quoi, allant du vol d’identifiants bancaires à l’installation d’un logiciel malveillant sur la machine de l’utilisateur. Rob a tout de même précisé que, lors de ses analyses, il n’a pas vu cette fonctionnalité utilisée.

Sur son forum, WOT a indiqué respecter la vie privée de ses utilisateurs et s'efforcer d'anonymiser les données collectées. En revanche, le quotidien Allemand FAZ a réussi à avoir un porte-parole de Mozilla qui a expliqué que la fondation a retiré cette extension parce qu'elle ne respecte pas la politique de transparence en matière d'informations apportées aux utilisateurs sur les données collectées. En parcourant la politique de confidentialité de WOT, vous pouvez lire que le plugin recueille les informations suivantes : les adresses IP, les emplacements géographiques, les types de périphériques, le système d'exploitation et le navigateur, les date et heure, l'utilisation de la navigation, y compris les pages Web visitées, les dates de clics ou l'adresse Web consultée, l'identifiant du navigateur et l'ID utilisateur.

Bien entendu ceux qui ont déjà l'extension installée peuvent continuer à s'en servir.

Source : tests de Rob Wu (GitHub), Bugzilla, politique de confidentialité WOT, FAZ

Et vous ?

Êtes-vous un utilisateur de WOT ? Qu'en pensez-vous ?

Les extensions sont-elles une grave faille de sécurité pour la confidentialité de votre vie privée ?

http://www.developpez.com/actu/106316/Mozilla-et-Google-retirent-l-ext .... sonnelles-de-ses-utilisateurs/

Mozilla and Google remove WOT extension from Store - gHacks Tech News

The popular browser extension Web of Trust is no longer available on the Firefox add-on repository or the Google Chrome Web Store.

Mozilla and Google have pulled the extension from their stores after a report aired on German national television that the company was selling the browsing history of its users.

The browser extension, designed to inform users about security or privacy issues on sites they visit, is currently not available for download.

Users who try to open the add-on site on Mozilla's Firefox add-ons site get a "we're sorry, but we can't find what you're looking for" error message currently.

wot add-on

wot add-on

Google's Chrome Web Store merely states that "the requested URL was not found on this server".

google wot

google wot

Information is scarce at this point as both Mozilla and Google have not openly released information about the removal.

The German newspaper FAZ managed to get a statement from Mozilla about the removal. According to the statement, Web of Trust was pulled because it violated add-on guidelines, and specifically transparency in regards to the add-on's collection of user data.

According to Web of Trust, which Faz got a statement from as well, this was caused by the company's latest privacy policy published on the company website not being made available on the Firefox add-on site.

If you check out the privacy policy on the Web of Trust website, you will notice that it collects the following information: IP address, geographic location, type of device, operating system and browser, date and time, browsing usage including visited web pages, clickstream date or web address accessed, browser identifier and user ID.

Users who have Web of Trust installed in the browser won't be affected by the pulling of the add-on.

According to research posted on Bugzilla@Mozilla, the tracking that is been discussed in German media has been added to the extension back in 2015.

So what is going to happen now?

The most likely cause of action is the following one. Web of Trust updates the privacy policy on the store pages of the add-on to better highlight the data collecting of the add-on. Mozilla and Google will then re-enable the extension on their Stores so that users can download and install it again.

It is unclear right now whether WOT is asked to modify code of its extension in regards to user tracking, or if the simple highlighting of the fact that the add-on collects user data is enough for restoration.

Now You: What's your take on the whole situation?

Summary

wot-add-on.png

Article Name

Mozilla and Google remove WOT extension from Store

Description

The popular browser extension Web of Trust is no longer available on the Firefox add-on repository or the Google Chrome Web Store.

Author

Martin Brinkmann

Publisher

Ghacks Technology News

Logo

ghacks-technology-news.jpg

About Martin Brinkmann

Martin Brinkmann is a journalist from Germany who founded Ghacks Technology News Back in 2005. He is passionate about all things tech and knows the Internet and computers like the back of his hand.You can follow Martin on Facebook, Twitter or Google+

You are here: Home > Internet > Mozilla and Google remove WOT extension from Store

http://www.ghacks.net/2016/11/05/mozilla-and-google-remove-wot-extension/

En cas de conflit avec les USA, vous pouvez perdre l'accès à vos jeux et services Web - Politique - Numerama

EA bloque désormais l'accès à son service Origin aux joueurs qui, même lorsqu'ils ont acheté des jeux sur la plateforme, se trouvent dans des pays qui font l'objet de sanctions diplomatiques par les USA. Steam peut activer une clause identique à tout moment. Comme tout service en ligne américain.

Sur PC, ou même sur consoles, il est devenu de plus en plus rare d’acheter des copies physiques de jeux vidéo que l’on peut conserver et installer à loisir. De plus en plus de joueurs passent désormais par des plateformes de téléchargement comme Steam ou Origin, où l’on n’achète pas tant un jeu que le droit d’accéder à un jeu vidéo… tant que l’on reste membre de la plateforme. Perdez votre accès à Steam ou à Origin, ou refusez les mises à jour des contrats qui vous sont imposées, et vous perdez l’accès à l’ensemble des jeux vidéo que vous pensiez avoir achetés.

Or cette situation peut poser problème lorsque l’on habite dans un pays en froid avec les États-Unis. Les règles américaines de contrôle des exportations prévoient en effet que les logiciels font partie des produits dont la commercialisation doit être interdite à destination de certains pays sujets à des sanctions.

Nous l’avions déjà vu en 2012 avec Blizzard qui avait bloqué l’accès à ses jeux en Iran, pour respecter les sanctions économiques décidées par l’administration Obama. Il en est de même aujourd’hui de même pour Origin dans cinq pays.

« Conformément aux lois américaines sur les embargos et les sanctions, Origin n’est pas disponible à Cuba, en Iran, au Myanmar, en Corée du Nord, au Soudan et en Ukraine (région de Crimée) », avait ainsi expliqué le mois dernier un employé d’EA. L’éditeur de jeux vidéo a décidé de faire respecter l’embargo américain en bloquant les adresses IP, et il a fallu que des joueurs du Myanmar réagissent pour qu’EA s’aperçoive que les USA avaient en fait levé les sanctions économiques contre l’état asiatique, où la population peut de nouveau jouer à Battlefield, Battlefront, FIFA, ou aux Sims.

Vous reconnaissez également ne pas être une personne avec laquelle EA n’est pas autorisée à effectuer de transactions

Jusqu’au mois dernier, les joueurs pouvaient encore contourner les sanctions en utilisant une carte de crédit étrangère pour leurs achats, et en déclarant une fausse adresse postale. Mais le blocage de plages d’adresses IP oblige désormais aussi à utiliser des VPN pour que le trafic internet ait l’air de provenir d’un autre pays.

Contractuellement, les joueurs qui se trouvent dans des pays en conflit dur avec les USA doivent s’abstenir d’eux-mêmes d’utiliser les plateformes de téléchargement, ou risquer de tout perdre si le prestataire s’aperçoit qu’ils contournent la loi. Sur Origin, l’article 13.C des conditions d’utilisation stipule que «  vous reconnaissez également ne pas être une personne avec laquelle EA n’est pas autorisée à effectuer de transactions selon les lois sur le contrôle des exportations ». Si vous voyagez, il faut faire aussi attention. L’article 6 dit que « vous acceptez de ne pas (…) utiliser un Service EA dans un pays où EA n’a pas le droit d’offrir de tels services en vertu des lois applicables en matière de contrôle des exportations ».

exportation-origin

De même sur Steam, l’article 12 final impose aux joueurs de savoir s’ils sont dans un pays sanctionné par les États-Unis, et de s’abstenir alors d’acheter des licences des jeux :

« Vous acceptez de vous conformer à toutes les lois et réglementations en vigueur en matière d’importation et d’exportation. Vous vous engagez à ne pas exporter les Contenus et Services ou le Matériel ni à autoriser l’utilisation de votre Compte par des individus appartenant à des pays encourageant les activités terroristes et pour lesquels les exportations de technologies de cryptage au moment de l’exportation sont contrôlées par le service américain d’administration des exportations (U.S. Bureau of Export Administration). Vous déclarez et garantissez ne pas être résident ou citoyen de l’un des pays soumis à l’embargo, ou sous le contrôle de l’un de ces pays ».

steam-contrat

De quoi faire réfléchir sur les conséquences de l’archi-domination économique américaine sur le Web

Il semble qu’actuellement, Valve ne fait pas appliquer cette clause de son contrat, et laisse les joueurs libres de lancer leurs jeux vidéo s’ils sont en Iran ou en Crimée. Mais cela peut changer à tout moment, et en particulier si l’administration américaine menace Valve de sanctions si l’entreprise continue à violer les décisions diplomatiques américaines.

On parle ici de jeux vidéo, mais le raisonnement serait strictement le même pour tout service en ligne. Des Google, Microsoft, Amazon, Apple, Facebook et tant d’autres pourraient se trouver un jour dans l’obligation de cesser du jour au lendemain d’offrir leurs services aux Français, si l’on se trouvait pour une raison ou pour une autre du mauvais côté de la barrière diplomatique. De quoi faire réfléchir sur les conséquences de l’archi-domination économique américaine sur le Web, qui se traduit aussi et de plus en plus par une dépendance diplomatique.

Toute guerre, même non-militaire, avec les États-Unis, pourrait faire perdre l’accès à des services numériques dont des centaines de millions d’individus et d’entreprises se sont rendus dépendants (Google, Gmail, Facebook, Android, iCloud, Office 365, …). Une sorte de dissuasion nucléaire d’une nouvelle ère, largement théorique pour la plupart des pays du monde, mais déjà bien réelle pour une poignée d’entre eux. À la différence près que s’il a été relativement aisé pour la Russie, la France, Israël, la Grande-Bretagne et quelques autres pays de développer leurs propres bombes nucléaires pour participer à la dissuasion mutuelle, il semble beaucoup plus difficile de faire émerger des services en ligne aussi puissants à l’échelle internationale que ceux des Américains.

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http://www.numerama.com/politique/205335-en-cas-de-conflit-avec-les-us .... -vos-jeux-et-services-web.html

L’ARMÉE “ACCRO” À MICROSOFT ?

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Cash Investigation diffusera ce soir une enquête sur le contrat, qualifié d’« open bar », passé entre Microsoft et le ministère de la défense, et basé sur des documents que j’avais rendu publics en 2013 sur le site du Vinvinteur, une émission de télévision quelque peu déjantée qui m’avait recruté, mais dont le site web a disparu. Je me permets donc de republier ladite enquête, consultable sur archive.org, qui archive le web, mais qui n’est pas indexé par Google (& Cie). Il eut été dommage de laisser cette enquête disparaître… Ceux qui voudraient en savoir plus peuvent aussi consulter le site de l’association April de promotion des logiciel libres, qui suit et documente ce contrat depuis des années.

« L’armée capitule face à Microsoft » : confirmant une information du site PCInpact -qui avait levé le lièvre dès 2008-, le Canard Enchaîné a révélé mercredi dernier que l’armée française était sur le point de reconduire un contrat, sans appel d’offres, avec Microsoft. Problèmes : il « coûte cher, augmente les risques d’espionnage et se négocie… dans un paradis fiscal » .

L'armée capitule face à Microsoft

L’association April de défense des logiciels libres, qui dénonce depuis des années l’opacité de ce contrat, et aujourd’hui le fait que l’OTAN imposerait Microsoft et les backdoors de la NSA au ministère de la Défense, vient de recevoir une version censurée de certains des documents évoqués par le Canard Enchaîné. Le Vinvinteur, qui avait ces documents depuis des mois, et qui avait déjà évoqué cet étrange pacte de l’armée française avec Microsoft, a donc décidé de les rendre publics.

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En 2007, Microsoft proposait au ministère de la Défense de centraliser les multiples contrats passés entre l’éditeur de logiciels américain et l’armée française. En 2008, un groupe de travail constitué d’une quinzaine d’experts militaires était chargé d’analyser la « valeur du projet » de Microsoft.

Leur rapport, intitulé « Analyse de la valeur du projet de contrat-cadre avec la société Microsoft » et que le Vinvinteur a décidé de rendre public, déplorait que la procédure, passée sans appel d’offres, écartait de facto tout autre concurrent, contrairement à l’esprit et à la lettre du code des marchés publics. Les experts pointaient également du doigt le risque d’ « accoutumance » , de « dépendance » et même d’ « addiction » aux produits Microsoft.

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Ils constataient la situation de « monopole confirmé » de l’éditeur, mettant l’armée « à la merci de la politique tarifaire » de l’éditeur de logiciels, et constataient qu’en cas de non-renouvellement du contrat, le ministère de la Défense devrait s’acquitter d’un « droit de sortie équivalent à 1,5 années de contrat » .

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Les experts militaires déploraient également le risque de « perte de souveraineté nationale » et de « contrôle par une puissance étrangère » des systèmes informatiques de nos armées. Evoquant le fait que la NSA, le très puissant service de renseignement américain chargé de l’espionnage des télécommunications, « introduit systématiquement des portes dérobées ou « backdoors » dans les produits logiciels » , le rapport estimait que le système informatique de l’armée française serait dès lors « vulnérable car susceptible d’être victime d’une intrusion de la NSA dans sa totalité » …

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Les auteurs du rapport concluaient enfin que « la seule certitude » de l’offre de Microsoft était qu’elle « entraînera un accroissement de 3 M€/an des dépenses de logiciel » , sans qu’aucun gain n’ait été identifié au profit du ministère en matière de retour sur investissement. Et tout en contribuant à un « affaiblissement de l’industrie française et européenne du logiciel » …

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Pour les experts militaires, l’offre de Microsoft « est la solution qui comporte le plus de risques rédhibitoires » :

  • – coût du renouvellement du contrat à technologie identique,
    – coût de sortie de la technologie,
    – adhérence à des formats ou architectures propriétaires,
    – construction budgétaire,
    – juridique européen,
    – perte de souveraineté nationale,
    – addiction aux technologies Microsoft
    – portes dérobées (back doors) ou blocage ;
    – affaiblissement de l’industrie française et européenne du logiciel.

Non contents de constater que l’offre Microsoft (S2) comportait « dix risques rédhibitoires » , les experts militaires pointaient également du doigt « trois critères destructifs » , censés se caractériser par « un seuil au delà duquel le scénario est rejeté » .

1304destructifs

En conséquence de quoi, le groupe de travail concluait son rapport en qualifiant l’offre faite par Microsoft de « scénario le plus risqué » , avec un « ROI (retour sur investissement -NDLR) incertain » , ce pourquoi il concluait en écrivant que « ce scénario est donc fortement déconseillé » .

1304redhibitoire2

L’armée française et le paradis fiscal irlandais

En dépit de cette « analyse de la valeur » particulièrement sévère de la proposition de contrat, l’armée française n’en signait pas moins un « acte d’engagement » portant sur un marché de « maintien en condition opérationnelle des systèmes informatique exploitant des produits de la société Microsoft avec option d’achat » avec… la filiale irlandaise de l’éditeur américain. Les mauvaises langues disent que cela aurait permis à l’éditeur de logiciels, qui dispose pourtant d’un siège à Paris, juste en face des studios de TF1, d’échapper à la fiscalité française.

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1304contrat

Vers « un parc pérenne en solutions Microsoft »

Un courrier estampillé « diffusion restreinte » , signé du général Patrick Bazin, qui commande la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI), et daté de janvier 2013, explique ce pour quoi le ministère de la Défense a décidé de renouveler le contrat.

1304diffrestreinte

On y apprend ainsi que « le premier contrat cadre du ministère de la défense avec la société Microsoft a pris fin le 22 décembre 2012 » , et que le marché, arrivant à terme en mai 2013, le comité des achats du ministère de la défense mandaté la DIRISI, en février 2012, « pour négocier avec la société Microsoft un nouvel accord-cadre » .

On y découvre également que le choix de solutions Microsoft ne conduit pas « à une dépendance vis-à-vis de cet éditeur » , mais également que « les solutions dites libres n’offraient pas de gain financier notable » .

Dit autrement : le contrat avec Microsoft coûte quand même plus cher que si l’armée avait opté pour des logiciels libres, mais la différence n’est pas suffisamment notable pour que le ministère de la Défense fasse le choix de ne pas renouveler le contrat avec l’éditeur américain.

La DIRISI explique en effet que « les contraintes opérationnelles et d’interopérabilité avec nos alliés imposent des choix Microsoft » , dans la mesure où « l’OTAN a fait le choix des solutions Microsoft pour ses postes de travail » . Et c’est, de même, « dans un souci d’interopérabilité et d’économie » , que la DIRISI demande « d’utiliser les applications de l’OTAN » , ce pour quoi les nouveaux Systèmes d’Information Opérationnels et de Communication (SIOC) français « sont développés et sont en cours de déploiement sur des technologies Microsoft » .

1304otan21

L’argument est pour le moins étonnant, l’interopérabilité désignant précisément la capacité que possède un système informatique à fonctionner avec d’autres produits ou systèmes informatiques, existants ou futurs, et quels que soient les systèmes d’exploitation et logiciels utilisés.

On imagine sans peine les cris d’orfraie que pousseraient militaires, marchands d’arme, sans parler des politiques, des médias et de l’opinion publique, si d’aventure le responsable des achats de l’armée française décidaient de ne plus acheter que des armes made in USA, au motif que la France fait désormais partie de l’OTAN.

Dans le même temps, la DIRISI révèle également dans ce document que plusieurs ministères ou organismes ont « affiché leur volonté d’adhérer au contrat en préparation » , à savoir les ministères du travail et de la santé, ainsi que le Commissariat à l’énergie atomique, la Cour des Comptes et la Direction générale des finances publiques.

Après avoir vérifié auprès de la Direction des Affaires Juridiques (DAJ) « que les conditions d’exclusivité de la société Microsoft étaient toujours réunies, la DIRISI a conduit une négociation en gré à gré » avec Microsoft, ce qui lui permet de nouveau de ne pas procéder à un appel d’offres public.

L’article 35-II-8 du Code des Marchés Publics précise en effet que « les marchés et les accords-cadres qui ne peuvent être confiés qu’à un opérateur économique déterminé pour des raisons techniques, artistiques ou tenant à la protection de droits d’exclusivité » peuvent en effet être négociés « sans publicité préalable et sans mise en concurrence » .

Evoquant des « raisons de confidentialité industrielle et de finalisation des négociations« , le document ne fournit pas d’éléments chiffrés, mais précise néanmoins qu’ « après quatre tours de négociation, la DIRISI est sur le point d’obtenir une réduction des prix de 49% par rapport au tarif SELECT D (en tenant compte d’une remise additionnelle de 20% sur ce dernier, ce qui reste actuellement la meilleure offre constatée pour l’administration) » , ce qui permettra au ministère de disposer d’ « un parc pérenne en solutions Microsoft » .

1304elementschiffres2

La transparence de la « grande muette »

Signes supplémentaires de l’opacité de ce contrat, le cabinet du ministre de la Défense a expliqué au Canard Enchaîné n’avoir jamais entendu parler du rapport du groupe d’experts militaires qui avaient « fortement déconseillé » l’offre de Microsoft.

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), l’autorité nationale en matière de sécurité et de défense des systèmes d’information, en charge des questions de cyberdéfense, n’a quant à elle pas été sollicitée pour émettre un avis concernant la pertinence de ce contrat.

La Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (DISIC), chargée de coordonner les actions des administrations en matière de systèmes d’information (notamment en matière d’interopérabilité, et de sécurité), mais également d’encourager les ministères à l’adoption des logiciels libres, nous a expliqué n’avoir elle non plus pas été sollicitée.

Enfin, la gendarmerie nationale, que nous avions sollicité pour expliquer, devant les caméras du Vinvinteur, ce pour quoi elle avait décidé de migrer son parc informatique sur des logiciels libres, entraînant une réduction du budget de 70%, tout en garantissant son indépendance vis-à-vis de tout éditeur, a préféré décliné notre invitation, évoquant un contexte « un peu trop sensible » …

Nous avons tenté de comprendre ce pour quoi un tel contrat, si vertement critiqué par les experts militaires, a pourtant été signé. Pourquoi il a été signé avec Microsoft Irlande, et pas avec sa filiale française. Pourquoi il va être renouvelé, alors que sous couvert d’anonymat, de nombreux militaires le qualifient de « scandale » . Pourquoi le ministère de la défense s’enferre à acheter des logiciels propriétaires, alors que Jean-Marc Ayrault a signé, en septembre dernier, une circulaire (.pdf) dressant les orientations en matière d’usage des logiciels libres dans l’administration. Pourquoi l’armée française, dont le budget, sur fond de crise et de politique d’austérité, est le seul à avoir été sanctuarisé, préfère enrichir une société américaine plutôt que de faire des économies budgétaires, tout en contribuant au développement d’une industrie française des logiciels libres.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affaire soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses…

Jean-Marc Manach (@manhack sur Twitter).

Voir aussi le Vinvinteur 25 consacré à cette question, les interviews de l’ancien député Bernard Carayon, de Jeanne Tadeusz, de l’APRIL, et tous les liens du Vinvinteur 25.

Les documents

Plusieurs documents avaient déjà été mis en ligne, en 2011, sur un site créé pour analyser la politique de Microsoft en matière d’interopérabilité (cf French Defense IT system under US company control & MS and Public Procurement – Files). A l’exception de PCInpact, qui avait rendu public le rapport (très critique) de la Commission des marchés publics, ils avaient jusque là été injustement ignorés :

  • – rapport final du groupe de travail chargé de réaliser une analyse de la valeur du projet de contrat cadre Microsoft,
    – marché de maintien en condition opérationnelle des systèmes informatique exploitant des produits de la société Microsoft avec option d’achat,
    – projet de contrat cadre avec la société Microsoft de 2013

Analyse de la valeur du projet de contrat-cadre avec la société Microsoft

Maintien en condition opérationnelle des systèmes informatique exploitant des produits de la société Micros…

Projet de contrat cadre avec la société Microsoft

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http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2016/10/18/larmee-accro-a-microsoft/

Payer pour des services sur Internet ? Vraiment ?

Nous allons de plus en plus payer ce que nous utilisons. Et c’est, au fond, une excellente chose…

Dans « Vers la fin de la publicité », j’expliquais le caractère destructeur des services gratuits financés par la publicité. Car la publicité n’a de sens que si, à un moment ou un autre, nous achetons des services payants. Au plus les services tenteront de se financer par la publicité, au moins il y aura de services payants et au moins la publicité sera rentable. D’ailleurs, à la surprise générale, la publicité s’avère en effet beaucoup moins rentable qu’initialement espérée.

Comme le souligne Cory Doctorow, même la publicité ciblée s’avère très peu rentable et la seule solution pour des géants comme Facebook ou Google afin de justifier le prix de leurs emplacements publicitaires est de rendre le ciblage de plus en plus efficace et intrusif.

Selon moi, le modèle publicitaire est appelé à se cantonner à quelques acteurs géants. Les « petits » vont soit disparaître soit devenir complètement dépendants de ces géants.

La perversion du modèle publicitaire

Malheureusement, de nombreux services sont dans une dynamique “publicitaire”. Les créateurs de contenus, les plateformes et même les services gratuits qui n’affichent pas (encore) de publicité. Exemple frappant : les startups qui cherchent à capter le plus possible d’utilisateurs sans réfléchir au business model.

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Des milliers de services sont ainsi offerts gratuitement et sans publicité, financés uniquement par les investisseurs. Le résultat ? Soit une faillite pure et simple du service, soit un modèle publicitaire soudain, comme Medium, soit un rachat par une plus grosse structure qui n’a que faire du service mais veut intégrer l’équipe et ses talents à son personnel. On parle alors de « acqui-hire ».

Dans le cas de Medium, cela signifie qu’il faut désormais considérer tout contenu sur Medium comme étant potentiellement une publicité déguisée (native advertising).

Pour les acqui-hire, citons Mailbox, un service de mail et Sunrise, un calendrier en ligne. Deux services que je trouvais absolument géniaux et qui se sont fait racheter avant d’être définitivement coupés. Moralité : un service gratuit n’offre aucune garantie de continuité.

Il ne reste donc plus qu’une solution, une solution considérée comme indigne d’Internet : faire payer l’utilisateur.

La main au portefeuille

Finalement, rien de plus logique ! Si on trouve un service utile, nécessaire et qu’on veut s’assurer une certaine pérennité, il faut mettre la main au portefeuille. Cette simple constatation m’a poussé à prendre un abonnement payant pour le service Pocket alors que mon compte gratuit me suffisait amplement.

C’est un basculement qui est en train de se faire sur le web, non sans douleur. Le cas le plus marquant chez les géants est certainement Evernote, qui, après des années à tester des business models alternatifs (comme vendre des sacs à dos et des carnets de notes) a soudainement augmenté ses tarifs tout en se séparant d’une bonne partie de son personnel.

Les utilisateurs grondent, les blogs posts se multiplient pour présenter des alternatives gratuites. Mais le fait est là, indéniable. Désormais, il va falloir payer ce qu’on aime.

Le cas de Newton

Un exemple que je trouve emblématique est celui de CloudMagic/Newton, service d’email et calendrier, car je vois justement ce service comme un remplaçant possible des défunts Mailbox et Sunrise.

Au départ, CloudMagic était une application mail comme il en existe tant d’autre. Une interface à votre compte Gmail ou Outlook. Cette interface offrait certaines fonctionnalités payantes. L’utilisateur payait une seule fois pour activer une fonctionnalité particulière, un modèle très courant dans le monde des apps et popularisé par les App Store.

Récemment, CloudMagic s’est renommé Newton et est passé au tarif assez important de 50$ par an.

50$ par an uniquement pour avoir une interface mail. À ce prix là, les mails ne sont même pas hébergés, ils restent chez Google, Microsoft ou tout autre serveur. Payer 50$ par an pour une simple interface mail me semblait une hérésie alors qu’un compte Protonmail qui héberge et sécurise vos emails coûte le même prix.

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Exemple de fonctionnalités de Newton

Poussé par la curiosité, j’ai contacté les développeurs de Newton pour en savoir un peu plus. Leur réponse est assez candide : vu le travail qu’ils fournissent et le coût que leur engendre l’infrastructure, un tarif de 1$ par semaine leur semble tout à fait honnête. Ils soulignent également l’hérésie du « one-time payment » imposé par l’appstore. Cela rend le développement de l’application impossible sur le long terme à moins de sortir des nouvelles versions payantes tous les ans, ce qui oblige à généralement maintenir deux versions et fait râler les utilisateurs qui viennent d’acheter une ancienne version lorsque la nouvelle sort.

Mais, sans étonnement, la nouvelle du modèle payant a été très mal perçue par les utilisateurs de CloudMagic qui se sentent pris en otage. À tel point que l’équipe de Newton a dû se fendre d’un mail explicatif soulignant que les seules alternatives au modèle payant sont la publicité et la vente des données utilisateurs à des services publicitaires, modèles qu’ils souhaitent éviter.

Sachant qu’en utilisant Newton, vous leur confiez le mot de passe de vos emails, mieux vaut avoir confiance ! Payer me semble donc une condition nécessaire pour établir une relation de confiance (mais pas suffisante).

La conclusion est simple : si vous ne payez pas un service que vous utilisez, c’est que vous en êtes le produit. Facebook vient immédiatement à l’esprit ! Google, par contre semble sentir le vent tourner. Le géant dispose en effet d’une version payante sans pub de son service mail (Google App) et lance une version payante de Youtube qui permet de retirer les pubs et de rétribuer les créateurs de contenu (Youtube Red) .

L’inéluctabilité du modèle payant ?

Les utilisateurs ne sont pas près à payer pour un service ? Et bien, il faut désormais vous y faire : soit votre service va disparaître, soit il va être bardé de publicités et revendre vos données, soit il va devenir payant. Les services très populaires seront les moins chers mais les services plus spécifiques se concentreront sur un petit nombre de clients qui paieront un abonnement important.

L’exemple de Newton (que j’ai vécu à l’identique avec le service Postach.io) démontre l’immaturité à la fois des utilisateurs, qui ne veulent pas payer, et des créateurs de service, pensant naïvement que les utilisateurs vont payer n’importe quel prix choisi au hasard. Et comme je le démontre dans « Quelle est la valeur de votre temps de cerveau », les pubs coûtent énormément à l’utilisateur mais ne reversent qu’une infime aumône au service.

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Au final, je trouve la perspective de payer pour ce qu’on utilise très saine. Cela devrait permettre l’éclosion de services plus petits, plus locaux, plus spécialisés et moins orientés sur la croissance à tout prix.

C’est d’ailleurs, je pense, une superbe occasion de promouvoir le prix libre. Un concept que les développeurs de Newton n’ont même pas envisagé car ils ne le connaissaient pas. Le prix de 50$ par an a été, ils le reconnaissent, choisi un peu au pifomètre en espérant trouver un équilibre entre les coûts réels et ce que les utilisateurs sont prêts à payer. Alors, pourquoi ne pas laisser les utilisateurs le fixer ?

L’alternative du prix libre

Le prix libre serait-il un moyen de conscientiser les utilisateurs ? Je l’espère. Contrairement à l’abonnement fixe, il est également plus juste. Un tarif fixe peut être raisonnable dans un pays et outrancier dans un autre. Enfin, le prix libre est également un bel indicateur de la qualité de votre service. On pourrait même imaginer un abonnement libre à un prix suggéré et de proposer de l’augmenter avec chaque nouvelle fonctionnalité.

Après tout, est-ce que tout ceux qui soutiennent ma page Tipeee ne sont-ils pas en train de payer pour la pérennité d’un service que je leur rends et qu’ils trouvent utile ? Wikipédia et toute la Framagalaxie ne sont-ils pas justement des services à prix libre qui camouflent leur prix libre sous l’appellation « don » ?

L’exemple de Framasoft est pour moi particulièrement éclairant : une panoplie de services gratuits financés par des campagnes de dons ponctuelles. Le tout avec une éthique notable et malheureusement trop rare : code open source uniquement et garantie de la confidentialité de vos données. Dernier exemple en date de leur campagne pour « dégoogliser Internet » ? Une alternative à Evernote, justement.

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La mission de Framasoft illustrée par Gee.

Et si au lieu d’un don ponctuel ou annuel à Wikipédia, à Framasoft, JCFrog ou même à ce blog, nous pensions ces dépenses comme un abonnement annuel à prix libre pour des services utiles ? Un abonnement pour dire « J’aime ce que vous faites et ça m’est utile, continuez ! ».

Au fond, c’est ce que devrait être toute dépense que nous faisons, sans exception. Une manière de dire « J’aime ce que vous faîtes ». Vu comme ça, acheter un concombre dans une grande surface et faire le plein d’essence chez Total deviennent soudainement des actes moralement difficiles…

Précision : lors de nos échanges par mail, les développeurs de Newton m’ont spontanément offert un abonnement à vie à leur service, sans que je leur ai demandé. C’était complètement inattendu mais je les remercie. J’ai également reçu la possibilité d’offrir 3 abonnements d’un an aux lecteurs qui m’en feront la demande.

Les photos sont issues d’une action citoyenne crowdfundée sur Kickstarter visant à remplacer toutes les publicités d’une station de métro londonienne par des photos de chat.

Merci d'avoir pris le temps de lire ce billet librement payant. Prenez la liberté de me soutenir et suivez-moi sur Tipeee, Twitter, Medium et Facebook !

Ce texte est publié sous la licence CC-By BE.

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