Etat d'urgence permanent au pays des bras cassés

Cette semaine j'ai installé Debian Stretch sur mon PC principal. Pas de gros problème mais pas mal de travail pour revenir à une configuration propre et documenter tout ça. Je crois que j'ai eu ma dose d'informatique pour la semaine et c'est l'occasion de parler d'autres sujets. Puisque c'est d'actualité, on va parler du projet de loi antiterroriste, de l'état d'urgence et du climat ambiant sur la sécurité.

De nombreux journalistes et hommes politiques n'hésitent pas à donner leurs avis et qu'ils arrivent à raconter des absurdités sans nom, je me joins à eux pour savoir qui est capable de dire le plus de couillonnades (genre discutions de comptoir).

Le projet de loi antiterroriste a été discuté au sénat mais j'ai toujours l'impression qu'on ne traite jamais le sujet en attaquant le problème à la source. Rappelons quand même l'absurdité d'introduire un état d'urgence qui est une mesure d'exception pour décider d'en faire quelque chose de permanent. C'est quand même la preuve que nos politiques n'ont pas le bon diagnostique (ou que c'est par lâcheté) mais qu'on n'a pas de vision de notre pays à long terme, on ne fait que réagir à l'actualité brûlante.
Il ne faut pas oublier que si l'état d'urgence n'a pas été remis en cause, c'est surtout parce que c'est du suicide politique (rien a voir avec l'efficacité présumé) en cas de nouvel attentat. En le gardant, on évite le pire et il suffit de rajouter une couche de sécuritaire en cas de nouvelle menace. Le "Toujours plus de sécurité" est en vente libre chez Ciotti et cie.

L'idée simple est de revenir sur quelques évènements qui n'ont pas toujours retenu l'attention des médias et pourtant qui mérite de s'y attarder. Je vous préviens, ce message n'a pas été validé par un porte-parole de l'Élysée ni aucun syndicat de police. C'est donc peu probable que j'en vienne à congratuler les services de l'État en vantant leurs compétences et blablabla.

La police et le renseignement

On va commencer en douceur pour parler de l’extrême efficacité des services de renseignements et de la qualité des informations dont ils disposent. Ce fait divers n'a pas été beaucoup repris dans les journaux. C'est dommage mais faudrait pas non plus se tirer une balle dans le pied puisqu'on a dit qu'on était infaillible.
Les faits: une perquisition qui se déroule en novembre 2015 chez une mère de famille que l'on pensait en relation avec un suspect. L'Intervention de la police a lieu à 1heure du matin, on braque une arme sur l'adolescente et sur la mère de famille présentes dans la maison. Ils ont fait un effort et n'ont pas menacé le petit garçon de 5 ans qui dormait à l'étage. Personnellement, je ne baisserai jamais ma garde, les plus jeunes sont souvent les plus radicalisés et les plus dangereux.
La police pensait que la mère de famille était la seconde femme du suspect. Visiblement, personne n'a vérifié puisqu'elle ne le connaissait même pas. Le seul point commun, le suspect recherché a habité dans la même maison. C'est un sacré raccourci pour perquisitionner chez quelqu'un, enfin j'en sais rien je suis pas de la police.
On en vient à la partie la plus intéressante, sinon c'est d'une grande banalité. En janvier de la même année, la famille avait déjà reçu la visite de la police. À ce moment, la famille s'était expliqué et avait dit qu'elle ne connaissait pas le suspect et qu'elle ne le fréquentait pas. Personne n'est en relation avec lui et il n'habite plus à cette adresse donc c'est sûrement une technique secrète d’enquêteur pour revenir sur les lieux. Elle aurait pu se marier entre temps mais ça n'explique pas comme comment le suspect aurait pu être le père de l'adolescente. Excusez-moi, je comprends jamais rien à ces trucs de filiation et cie. Si quelqu'un a des explications à me donner.
Moi je vous dis, on devrait ficher systématiquement et tout le monde, on s'en fout de la qualité des informations et encore moins de les mettre à jour, de toute façon qui pour le faire (j'ai entendu une rumeur comme quoi, certains policiers ne sauraient ni lire ni écrire. ça expliquerait beaucoup de choses mais je ne trahirai pas mes sources). On nous raconte qu'il n'y a pas assez d'effectifs pourtant on envoie la cavalerie pour faire des perquisitions alors qu'une seule personne aurait pu mettre à jour les informations du dossier dans la journée, et c'était clos. C'est peut-être des intermittents du spectacle qu'on envoie.

La surveillance et l'arrestation des djihadistes

Aller, on va se consoler et se pencher sur un cas connu par tous (ou presque): le retour de nos trois djihadistes en septembre 2014. Honnêtement, on peut dire que ça fait partie de nos réussites françaises avec l'EPR. Nos trois comparses revenaient de Turquie (où ils avaient été arrêtés) et déjà connu des services de polices français. Un départ en avion de la Turquie vers Paris était prévu ainsi qu'un commité d'accueil pour les accueillir chaleureusement Le vol vers Paris n'a pas été possible, le commandant de bord ayant refusé l'accès à ces passagers un peu particuliers. Comme ils avaient tous envie de rentrer en France, ils ont pris l'avion suivant mais à destination de Marseille. Pas de chance, aucun commité d'accueil à Marseille pour nos trois amis et ils se retrouvent bel et bien dans la nature et sans guide. La situation est quand même cocasse puisque leur avocat à déclarer plus tard qu'ils étaient prêts à s'expliquer, à être interrogés. Preuve que les djihadistes sont très soucieux de coopérer avec de la police.
Évidemment, j'ai sciemment oublié de mentionner que les autorités turques n'ont pas prévenu leurs homologues français du changement de vol qu'après l'arrivée sur le sol français des trois ressortissants expulsés (c'est mon côté journaliste engagé qui ne s'assume pas). Encore une fois, "c'est pas de notre faute", c'est encore les Turques qui font que des conneries. Dans ce cas, on peut parler de couac, je vous l'accorde. Sauf que, c'est pas fini notre histoire .... il y a bien un autre problème derrière et bien franco-français cette fois. Les passeports des djihadistes présumés n'ont pas déclenché de signal dans l'aéroport d'arrivée (Marseille pour ceux qui ne suivent pas). Le système de contrôle informatique des passeports était en panne lorsque les trois jihadistes présumés ont atterri sur le sol français. Je ne vous la fais pas à vous, quand on raconte que c'est une panne / un bug on nous prend vraiment ... Moi je dis plus jamais ça, intégrons dans la future loi antiterroriste, l'interdiction totale de panne informatique sauf déclaration en préfecture au moins 48 heures avant.

Les militaires perdent leurs jouets

On passe à un autre cas qui me met toujours de bonne humeur. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis un fan inconditionnel de l'armée et c'est l'occasion de parler de cette présence militaire au quotidien grâce au plan vigipirate. Chaque fois que je suis dans un lieu public et que je les vois, je suis soulagé et rassuré et je m'accorde le droit de leur faire un coucou. Mais est ce qu'on ne ferait pas mieux de les renvoyer dans leur caserne pour qu'ils puissent jouer aux cartes ou qu'ils nettoient leurs baraquements. Je vous préviens, on ne touche pas à l'armée française qu'elle est GénialEtSuperEfficaceEtQuonLAimeBeaucoup. Certains prétentieux et sans respect pour nos soldats ont signé un article de très mauvais goût: "Des munitions et des explosifs volés sur un site militaire près de Marseille".
En juillet 2015, un vol de munitions et d’explosifs sur un site militaire a été rapporté. Heureusement, on n'a pas volé les affaires personnelles des militaires mais seulement 150 détonateurs, des pains de plastic et des grenades. Personnellement, ça me rassure, ça évitera à des militaires de se blesser avec des explosifs. Des mesures ont été prises, des mesures au moins aussi exceptionnel que le ministre de la défense de l'époque de Le Drian. Vous voilà maintenant serein. Chaque fois que vous croiserez des militaires, vous saurez qu'il ne faillisse jamais à leur mission. Pas de chance, en février 2017, des individus ont fracturé un fourgon militaire dans l'Isère et volé deux fusils d'assaut et des munitions. En même temps, c'est lâche de venir voler des militaires pendant la pause déjeuner. Pas de chance, Le Drian était encore ministre de la Défense, mais il était en déplacement pour vendre des rafales à des pays de bons goûts. On peut pas tout faire, surtout à cet age.

Saloperie d'internet et auto-radicalisation

Par fainéantise, je n'évoquerai pas le sujet d'auto-radicalisation sur internet. C'est tellement évident et comment ça pourrait en être autrement. Puisque la radicalisation se fait via internet et pour revenir à l'age de pierre nous pourrions revenir au minitel. En plus, une étude Made In Cazeneuve à démontrer qu'on pourrait arriver à déjouer 107% des attentats (seuil d'erreur à 98%) en supprimant l'internet. Cela voudrait dire qu'on pourrait déjouer deux fois plus d'attentats qu'il ne pourrait s'en produire réellement. Les effets de cette mesure ne sont pas discutables par contre on attend une importation massive de pigeon voyageur (principalement de Hongrie et de Roumanie) avant la mise en place de cette mesure.
Mais pour aller beaucoup plus loin, il faudrait interdire l'automobile, environ 100% des terroristes ont utilisé la voiture comme moyen de transport au cours de leur radicalisation. Il ne faut pas leur céder de terrain et les attaquer sur tous les fronts. Ça leur fera les pieds, aller en Syrie à pied ou en âne.

Fouille et contrôle de sécurité

Petit cadeau avant de clôturer, on va évoquer le cas des contrôles et fouilles de sécurité. Pour parler que des choses qui fonctionnent bien, on analysera uniquement les techniques révolutionnaires des agents de sécurité privé. Attention, ces faits sont principalement issus mes observations et il se pourrait que ça soit pas tout à fait objectif (vraiment, c'est peu probable).
Tout d'abord, l'efficacité des vigiles dans les centres commerciaux (je parle d'un des plus grands centres commerciaux d'Europe selon Wikipedia). On a des vigiles qui sont présents par intermittence selon la température et la pression atmosphérique, faudrait pas que ça se sache. Certaines entrées sont plus ou moins surveillées mais c'est à cause de certains courants d'air qui indisposent nos agents de sécurité, ils sont surmenés et c'est risqué de prendre froid à cause de la climatisation. Quand ils sont présents physiquement et face à toi, tu as deux solutions:

  • tu continues ton chemin, tu n'as rien à te reprocher
  • tu t’arrêtes et tu as le droit à une fouille
Généralement la première méthode fonctionne à 96% (testé avec 3 bagages pour un poids total de 14kg genre retour du Pakistan). Dans le cas contraire, on est interloqué, comment un homme majeur n'est-il pas capable de faire une phrae avec un sujet verbe et complément (peut importe l'ordre). On va donc te fouiller pour s'assurer que tu ne portes pas d'armes ou autres objets dangereux. C'est ce qu'on appelle une "fouille visuelle". C'est là que tu ouvres ton sac (seulement la poche la plus grande). L'inspection minutieuse peut prendre entre 1200ms à 1700ms, ça sent le professionnalisme. Petite info d'un proche qui est dans le métier, une étude du GIEC a démontré que les armes étaient systématiquement stockées dans la poche principale du sac ou bagage, c'est pour ça qu'on ne demande jamais d'ouvrir les autres poches. C'est tellement dissuasif, que personnes n'ose entrer dans ce type de lieu tellement c'est sécurisé. Effet Kiss Kool, on ne peut arrêter personne puisqu'il reste chez eux en attendant un plan B.

Aller, un autre exemple pour se remémorer les bons moments, on revient aux périodes des législatives. D'après ce que j'ai pu entendre le risque d'attentat était élevé dans ma ville à ce moment. Je vais donc au bureau de vote et évidemment, pas de policier à proximité. Terriblement inquiet, j'ai failli faire demi tour en sentant le danger qui pouvait être présent.
Honnêtement, je suis plutôt courageux et je suis allé jusqu'au bout de ma quête et je passe l'entrée, sur la gauche, assis sur une chaise je vois un gars somnolent (c'était entre 9h et 10h du matin). Pour ne pas interrompre son repos je m'engage et j'arrive dans la salle principale pour prendre les bulletins de vote et l'enveloppe. Malheur, j'ai réveillé l'individu qui s'avérait être agent de sécurité, il me sommait d'ouvrir mon sac (qui était vide). Le temps qu'il arrive à mon niveau et que le président du bureau de vote (à la limite de l'hystérie) commençait à être menaçant, je finis par m'incliner face à la demande. Le climat s'est apaisé de suite en voyant que je n'étais pas un djihadiste prêt à me faire exploser pour faire des confettis avec les bulletins et attaquer la démocratie. Je vous rassure, aucun risque de blessés, le bureau de vote était vide (sauf les assesseurs et secrétaire).
Par curiosité, je suis allé discuter avec notre gentil grassouillet qui s'était rapproché de sa chaise. Il m'a dit que c'était "dissuasif". J'avais du mal à le croire, à l'évidence je fais probablement partie de ceux qui se sont auto-radicalisé sur internet et à l'insu de leur plein gré (c'est là ou on se rend compte de l'ampleur du problème). Finalement, ça m'a fait réfléchir et probablement qu'un vigile aurait pu déjouer l'attaque à cathédrale de Notre-Dame de Paris (en juin 2017). Si le gars à pas peur de s'attaquer à des policiers armés avec un marteau, c'est évident qu'il changerait d'attitude face à un vigile assis sur une chaise (si j'ai tort vous avez le droit de me spoiler la saison 7 de Game of Thrones).

La violence est omniprésente

Ces derniers temps ont été difficile et depuis les attentats de 2015 la violence a fait rage un peu partout en s'attaquant même aux innocents. Attaque cruelle et barbare, Manuel Valls en a été la victime en janvier 2017. L'attaque a surpris par son ampleur et sa violence alors qu'il était en campagne pour la primaire de gauche, on s'est attaqué à son intégrité physique. Un jeune radicalisé a surgit violemment de la foule pour attaquer avec une arme non contondante, généralement dénommer main, notre premier ministre de l'époque. Heureusement, ses gardes du corps sont intervenus et maîtrisé le forcené. Manuel Valls n'avait que légèrement mouillé son pantalon. Cet évènement s'est produit pendant l'état d'urgence et dans une période sensible des élections. Je reprends cet exemple pour démontrer la détermination de ses individus et jusqu’où ils sont prêts à aller. Reste à savoir comment nous protéger (l'état d'urgence ???).

Encore ...

J'aurai bien envie de revenir sur le sujet des juges administratifs, l'application pour signaler les attentats, le projet de loi pour armer les agents de sécurité, la déchéance de nationalité (un de mes préférés) et surtout comment ne jamais remettre en cause l'efficacité des services de l'État mais toujours revenir sur l'appareil législatif. Et pour nos amis bienveillants qui vivent au pays des Bisounours, non, l'arsenal législatif n'est pas le seul levier. Bien pire, seul, il est impuissant pour nous protéger. Je vous le dis les amis, c'est la chienlit.

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Ressources

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2 commentaires

yoalor |

Merci pour ce beau moment de lecture. J'ai apprécié.

f4b1 |

Article passionnant à lire, j'ai beaucoup aimé

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